COMMposite...
Quel titre!
Comment nommer une revue électronique qui entend
se consacrer à un domaine difficile à
circonscrire, à définir, à construire ?
Quel nom donner à une revue qui publie des textes
susceptibles d'intéresser tant les anthropologues que
les économistes, les ethnologues, les linguistes, les
littéraires, les philosophes, les politologues, les
psychologues, les sociologues ... ? Quel nom employer de
façon à ce que les moteurs de recherche et
autres aides à la navigation sur l'Internet puissent
faciliter notre repérage dans le cyberespace ?... Et
puis, comment faire pour trouver un nom qui fasse consensus
au sein de notre comité fondateur, composé de
six personnes ayant chacune des formations très
différentes les unes des autres ? C'est finalement
dans le Petit Robert que nous avons découvert
"composite" et sa définition (par extension) qui nous
a semblé convenir parfaitement: "Formé
d'éléments différents, souvent
disparates. (...) Matériau composite, formé de
plusieurs constituants (...) pour obtenir des
propriétés mécaniques
particulières".
En effet, la "différence" et la "disparité"
caractérisent non seulement notre parcours mais aussi
la recherche en communication où n'existe encore ni
paradigme fondateur ni même dénomination
commune (sciences de la communication / des communications /
communication / sciences de l'information et de la
communication ...). Autant de qualificatifs qui, selon les
approches, font référence à une
discipline, à un objet de recherche au confluent de
plusieurs disciplines, à une inter-discipline, voire
à une méta-discipline. Néanmoins,
quelles que soient les réponses proposées, la
communication nous semble bel et bien posséder, comme
un composite, "des propriétés
particulières". Il nous a suffi d'ajouter un second
"m" au terme composite pour que ne subsiste cette fois aucun
doute sur la spécificité communicationnelle du
nouvel espace de recherche que nous souhaitions ouvrir.
Voici donc le premier numéro de COMMposite, une revue
de recherche en communication conçue et
réalisée par des étudiantes et des
étudiants, diffusée sur l'hypertoile (World
Wide Web) de l'Internet. COMMposite est née du
désir que nous avions d'offrir un tremplin et une
première expérience de publication aux jeunes
chercheuses et chercheurs (dont nous faisons partie),
bénéficiant d'un public potentiel bien plus
considérable que celui de n'importe quelle revue
papier et ce, à des coûts bien moindres. De
plus, l'équipe de COMMposite souhaite explorer les
autres "virtualités" du format électronique,
soit l'interactivité de son lectorat (il est possible
de communiquer avec l'équipe et avec les signataires
des articles, rubriques et chroniques en cliquant sur leur
nom) et l'accès immédiat à des
références via les hyperliens (à
cliquer eux aussi). Un archivage par thème, par
numéro et par auteur sera également
réalisé et accessible lorsque plusieurs
numéros seront parus.
À titre de revue de recherche, nous pensons que
COMMposite est susceptible d'apporter de petites pierres
à l'édification de la connaissance, que ce
soit grâce aux articles, aux chroniques (avec des
commentaires sur des sites de recherche en communication et
des critiques de livres parus récemment) ou aux
rubriques mises à jour régulièrement
(parutions, colloques, conférences). L'équipe
de COMMposite cherche également à
témoigner de la présence francophone dans le
cyberespace en privilégiant les textes écrits
en français.
Certains articles ont pour objectif de s'interroger sur des
questions d'ordre théorique, méthodologique,
voire philosophique. D'ailleurs, comment pourrait-il en
être autrement dans une revue qui se rattache à
une discipline qui n'en est peut-être pas une ? Du
moins, à une discipline dont la quête
épistémologique est évidemment loin
d'être arrivée à son terme.
Dans cette optique, le premier titre - gardons l'espace d'un
instant une présentation linéaire -
signé par Guillaume Latzko-Toth porte sur le statut
des sciences de la communication. Signe des temps et des
préoccupations très actuelles, Martine Gingras
soulève les problèmes de la
confidentialité dans le cadre de la
numérisation accrue de la société dont
l'Internet est la figure la plus visible.
Pour sa part, Maryse Rivard nous livre ses réflexions
sur INET'96, la conférence annuelle de l'Internet
Society tenue à Montréal en juin dernier.
Cette "révolution", si souvent mentionnée dans
les discours politiques, entrepreneuriaux ou scientifiques
ne prend pas les mêmes formes selon les contextes
politiques, économiques, sociaux et culturels.
À titre d'illustration, Éric George s'est
penché sur la déréglementation des
télécommunications au Japon, seul pays
non-occidental parmi les principales puissances
économiques de la planète. Conformisme ou
déviance par rapport au modèle dominant ?
Cette question revient également dans un tout autre
registre, lorsque Mario Beaulac analyse le contenu
sémantique de la série
télévisée les "Simpson". Cette famille,
et notamment le fils Bart, constitue-t-elle vraiment une
forme de dénonciation d'une certaine Amérique
?
Toujours au sujet de la télévision, Florence
Millerand aborde les études consacrées
à la réception et nous propose de
découvrir ou de mieux connaître David Morley,
chercheur britannique s'inscrivant au sein du courant des
Cultural Studies et dont les travaux sur la réception
en contexte familial sont considérés parmi les
plus pertinents. Enfin, France Aubin nous livre les
résultats d'une analyse de discours effectuée
sur une dizaine de productions en éducation aux
médias révélant le même processus
de délégitimation des publics, sans
égard au producteur.
Dans ce premier numéro, la
prépondérance des textes sur les médias
et les nouvelles technologies de l'information et de la
communication (NTIC) reflète sans doute les
intérêts du comité composé de
chercheuses et de chercheurs qui sont aussi toutes et tous
des internautes assidu-es. Nous travaillons dès
à présent sur le deuxième numéro
de la revue et espérons bien diversifier le contenu
de celle-ci, notamment vers la communication
organisationnelle et vers la communication interculturelle
et internationale.
Il ne tient qu'à vous de contribuer à ce que
COMMposite constitue vraiment un "nouvel espace de recherche
en communication". Si vous étudiez en communication,
faites-nous part de vos informations, de vos remarques et
communiquez-nous vos textes à des fins de
publication. Par ailleurs, si nous réservons
l'écriture des articles et des différentes
rubriques aux étudiantes et aux étudiants,
c'est à tout le monde, sans discrimination, que nous
proposons de réagir et de commenter notre jeune revue
électronique. Cette revue est donc la vôtre,
non seulement en tant que lectrices et lecteurs mais
également en tant que collaboratrices et
collaborateurs potentiels. Il en ressortira
vraisemblablement un ensemble d'approches, de
questionnements, de méthodes très ...
composite mais qui contribueront à enrichir les
sciences de la communication.
L'équipe de rédaction

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