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La
célébration
En juin1996, l'Internet Society (ISOC) (1) ,
avait convoqué à Montréal tous
les apôtres du Web à
célébrer
l'eucharistie* du
"réseau des réseaux". Plus de 3000
fidèles provenant de 160 pays avaient
répondu à l'appel et près de
350 prédicateurs ont profité de cet
auditoire pour propager
l'homélie* du Net.
Sous le thème: "L'Internet: Inventer
aujourd'hui la société de demain",
l'apotropaïque*
société élargissait ses
préoccupations aux questions d'ordre
culturel et social en accordant une attention
particulière à l'éducation (2)
et aux pays en voie de branchement (3).
Le Palais des
Congrès s'était transformé
pour l'occasion en véritable
cathédrale des communications
électroniques. À l'entrée, les
commerçants (4) avaient la permission, sinon
pour mission, d'exposer et de vendre
l'orfèvrerie
technologique. Sur l'autel de
la sacristie, trônaient les ornements
sacerdotaux, à savoir des ordinateurs, les
micros, les écrans et toute une panoplie
d'appareils audio-vidéo d'une valeur
estimée à 2M$ (5). Pendant les
vêpres*, une
congrégation de
sacristains*, de techniciens
et d'informaticiens veillait au bon
déroulement de la
célébration.
Chaque pièce de
l'éphémère temple des
électrons avait été
aménagée avec ostentation et la
convivialité y régnait. Dans la
nef*, une cohorte d'ordinateurs
reliés au Cyberciel favorisait la communion
des apôtres et le contact avec
l'au-delà. La salle des terminaux comptait
deux cent soixante ordinateurs et une quarantaine
de ports d'attaches pour
portatifs. Les
non-branchés pouvaient également
"partager la parole" grâce à une
couverture médiatique sans
précédent (6). Au total, plus de
trois cents chérubins*
de la télématique offraient la
possibilité aux apôtres de communiquer
avec leurs frères et soeurs
disséminés de par le vaste monde.
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L'homélie*
Sous les auspices de généreux
donateurs (7) des mondes économique et
politique, la procession a commencé. Les
grands prélats*(8) ont
récité les traditionnelles
prières et chants d'allégresse et ont
instruit l'assistance de l'office de la
cérémonie. La prédiction d'Al
Gore, annonçant l'avènement de la
"nouvelle société de l'information"
et la parabole de Marshall McLuhan sur la
création du "village global" ont
été récitées par les
grands prêtres tout comme de
véritables oracles*.
(9)
Au menu liturgique,
apparaissaient deux cents communications (10),
regroupées en huit thèmes (11)
susceptibles de provoquer l'allégeance des
nouveaux fidèles et d'exhorter la foi des
anciens. La litanie* des
témoignages et des expériences
à but humanitaire réalisés
grâce à l'Internet a contribué
à la sanctification du "réseau des
réseaux". Les études de cas (12) ont
fait office de kyrie* pendant
les heures canoniales*. Pour
les croyants, elles représentent la pierre
angulaire sur laquelle Internet doit s'appuyer afin
de continuer à progresser dans
l'allégresse.
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Ainsi, c'est avec une
certaine ferveur et la ferme intention d'avancer
mes travaux de recherche sur l'éducation et
les nouvelles technologies de l'information et des
communications (NTIC) que j'ai partagé la
cène* de cette
assemblée bigarrée des
prophètes de la société de
l'information. Pour les agnostiques et pour
l'avancement de la science, je présente ici
une sélection des propos tenus lors de cette
assemblée.
N'ayant malheureusement pas le don
d'ubiquité, je présenterai et
commenterai les résumés de deux
ateliers critiques auxquels j'ai pu assister, l'un
portant sur la valeur morale d'Internet et l'autre
sur son entrée dans les écoles. Je
survolerai aussi l'ensemble des thèmes
traités en m'inspirant de la couverture de
presse électronique disponible actuellement
sur le Web. Mais, tout d'abord, je vous
présente les observations d'une novice
sceptique face aux résolutions prises lors
de ce grand concile oecuménique.
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Les résolutions
L'Internet Society a introduit cette année
deux transformations majeures qui témoignent
de son désir de rassembler toutes les
doctrines sous son égide. La secte
technologique et ethnocentrique américaine
s'est transformée, lors de la
conférence de 1996, en une organisation
internationale bilingue et multiculturelle. D'une
part en méditant sur les impacts sociaux de
son développement et, d'autre part, en
abandonnant l'utilisation exclusive de l'anglais
comme langage liturgique (13), l'assemblée
d'ISOC a consacré son ouverture sur le
monde. À cet égard, le choix des
villes d'accueil, Montréal cette
année et Kuala Lumpur (14) , capitale de la
Malaisie, l'an prochain, représente l'acte
de foi de la société.
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Le credo
Les magistrats ont confiance. Internet
évolue à un rythme
effréné et le nombre de ses
églises se multiplie rapidement. Vint Cerf
(15), le père spirituel d'Inernet Society, a
fait quelques prédictions qui contribuent
à la mystification de son
sacerdoce*. Il a
annoncé que d'ici l'an 2005, le
réseau sera aussi vaste que le réseau
téléphonique (660 millions de lignes
d'accès) et qu'Internet sera bientôt
omniprésent dans nos vies.
D'après ce visionnaire, nous aurons
bientôt des chauffe-eau intelligents, des
lessiveuses munies de microprocesseurs et
même des ampoules contrôlables à
distance. De la cuisine aux montures de lunettes en
passant par nos vêtements, Internet hantera
littéralement notre espace existentiel (16).
A l'entendre, il n'y a pas loin de la coupe au
lèvres pour qu'Internet franchisse les voies
impénétrables de nos esprits et qu'il
nous transforme en cyborgs. Il a d'ailleurs
terminé son allocution sur cette
recommandation digne d'un grand ministre du culte:
"Rentrez chez vous et formez
d'autres gens. Formez vos pairs, vos entreprises,
vos juristes, vos amis, vos voisins." (Traduction
libre)
Si cette vision relève du culte virtuel,
la croissance exponentielle du "réseau des
réseaux" est, quant à elle, bien
réelle. Les spécialistes sont
incapables de suivre l'évolution du nombre
des usagers et la croissance des sites sur le Web.
En fait, depuis 1994, les chiffres les plus
variés (17) circulent lorsqu'il est question
d'évaluer le nombre d'internautes. En 1995,
l'ISOC évaluait le taux de
pénétration à 7% alors que le
plan d'affaire de 1996 affiche un taux de plus de
10%. Bien que les statistiques varient
considérablement selon les sources (18), le
nombre grandissant de clubs, d'associations et de
groupes d'utilisateurs d'Internet témoigne,
quant à lui, d'un besoin de se regrouper
(19).
Un groupe d'internautes de la
région de Québec (20) a d'ailleurs
profité de l'eucharistie pour mettre sur
pied une association visant à
présenter les
intercessions*
québécoises auprès de
l'auguste société. La première
rencontre organisée à l'improviste a
donné lieu à la création d'un
site Web (21) et à l'énoncé de
la mission. Ce mouvement spontané
révèle qu'il y a consensus sur
l'urgence de porter un regard critique sur les
transformations sociales et culturelles que pose le
déploiement rapide d'Internet. Pendant les
oraisons*, bon nombre de
questions importantes ont bien été
soulevées, mais le plus souvent, les
discussions ont à peine effleuré les
réalités sociales pour
s'éclipser dans le virtuel.
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Le langage liturgique
Si le développement rapide d'Internet est
presque miraculeux, l'ouverture des
conférences à d'autres langues que
l'anglais a pris pour certains l'allure d'une
inquisition (22). Dans son allocution de
clôture, Mme Monique Lefebvre,
coprésidente de la conférence, a
d'ailleurs fait allusion à certains points
de litiges qui sont survenus entre les
contrôleurs de l'Internet Society et les
organisateurs du Centre de recherche en
informatique de Montréal (CRIM). Consciente
que l'anglais occupe une place
prépondérante sur le Web, que 60% des
membres de l'ISOC et cinq des six membres de son
conseil d'administration sont anglophones, elle a
conclu son allocution sur ce voeu pieu:
"Si j'ai une recommandation à
faire, c'est que l'Internet Society (ISOC) continue
à être le reflet de la mondialisation
du médium qu'elle a créé et de
la diversité linguistique dont on fut
témoin à Montréal. "
L'actuel président de l'ISOC, Donald M.
Heath a, quant à lui, répondu en
visionnaire à un participant qui
désespérait de trouver la version
française de la documentation de la
conférence. Il a annoncé que
bientôt tous les habitants de la
planète pourraient accéder à
n'importe quelle ressource dans leur langue:
"Vous pourrez
téléphoner et parler dans la langue
de votre choix et votre interlocuteur vous entendra
dans la sienne." (Traduction libre)
Selon certains moines de la secte des "techno",
la compagnie québécoise Alis
Technologie (23) serait sur la bonne voie avec son
fureteur multilingue Tango (24) et le site "Babel"
(25) . Ce dernier est très pratique, il
fournit des informations sur l'internationalisation
d'Internet en 10 langues. Mais en attendant que la
technologie déconstruise la tour de Babel,
l'anglais est toujours de mise dans le cyberespace.
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Les avocats du diable
L'ensemble des présentations a ainsi
été marqué par l'utilisation
vertueuse du français et par une grande
ferveur ecclésiastique. Heureusement,
quelques orateurs ont fait preuve de modestie
à l'égard du caractère
miraculeux d'Internet et nous ont
épargné les sermons à saveur
messianique. Ce fut le cas des allocutions des
Américains Jéremy Shapiro et Shelley
Hughes ainsi que de la Canadienne Marita Moll lors
des ateliers intitulés: "Évolution
sociale, encadrement social" et "L'idéologie
et la critique" (26). Ces adeptes de l'approche
critique ont habilement déconstruit le
discours apologétique qui circule
actuellement autour d'Internet pour nous
présenter une vision plus objective.
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"L'Internet a-t-il une valeur
morale intrinsèque?" (27)
Pendant la séance intitulée:
"Évaluation de l'Internet: un tableau du
progrès social", les deux sociologues
américains rattachés au Fielding
Institute (É.U.) ont tenté de
dissiper la confusion qui règne entre
progrès technologiques et progrès
sociaux. Contrairement aux messages
véhiculés par les médias et
à la "croyance générale", ils
affirment que la qualité de la vie
n'augmente pas nécessairement avec
l'accroissement du taux de
pénétration sociale des NTIC.
Reprenant quelques arguments des théoriciens
du déterminisme technologique (28) et de
leurs opposants (29) , ils ont formulé toute
une série de questions sur les impacts
sociaux "positifs" ou "négatifs" d'Internet.
Àla question de savoir s'il est
préférable de parler d'Internet comme
d'une technologie démocratique dont le
déploiement aura des effets
bénéfiques, ou bien de l'envisager
comme une technologie déshumanisante
entraînant une profonde
détérioration des relations humaines,
M. Shapiro a répondu:
"Pour analyser adéquatement
l'impact de l'Internet sur la
société, il faut l'envisager comme un
outil susceptible d'être utilisé pour
atteindre telle ou telle fin. Or, ce n'est pas
l'outil qui tend vers une fin plutôt qu'une
autre, mais bien les acteurs politiques et
historiques qui prennent des décisions
concernant son utilisation ou son
déploiement". (Traduction libre)
Les discours politiques et médiatiques,
ainsi que la majorité des interventions
produites lors de ces conférences
s'articulent autour des buts humanitaires et
démocratiques d'Internet. Il aurait des
effets bénéfiques pour la
société car il permettrait de
réduire les maladies (30), d'augmenter le
nombre et la qualité des connaissances
humaines et de les rendre accessibles à tous
(31). On lui attribue aussi des pouvoirs quant
à la diminution des tyrannies et des guerres
(32).
Le caractère démocratique d'Internet
est mis de l'avant de par les possibilités
offertes, à l'ensemble des acteurs sociaux,
de communiquer, de diffuser et de publier leurs
opinions à l'ensemble de l'humanité.
En ce sens, M. Shapiro et Mme Hughes
considèrent qu'Internet possède un
potentiel humanitaire et démocratique
très puissant. Cependant, ils constatent que
les politiques actuelles qui favorisent le
développement rapide du "réseau des
reseaux", mettent l'accent sur une étape
secondaire du processus de résolution des
problèmes sociaux. Selon eux, l'ensemble des
dirigeants des pays industrialisés s'est
lancé dans la course à
l'informatisation sociale sans se demander au
préalable quelle en sera la
finalité.
Par exemple, on vante les mérites de la
télé-médecine, du
télé-travail ou de la
télé-éducation qui
permettraient aux gens confinés à
leurs foyers de recevoir des soins,
d'étudier ou de travailler, sans même
évaluer les retombées psycho-sociales
de la médiation technologique sur les
relations humaines. La question de la connexion des
hôpitaux, des écoles et des
bibliothèques a trouvé sa place dans
les priorités gouvernementales; mais la
question du choix des meilleurs outils et
programmes, en fonction des besoins et des
problèmes actuels, a été
occultée.
L'application d'Internet au secteur éducatif
propose aux enseignants de nouveaux paradigmes
d'apprentissage (33) mais exige également
beaucoup de ces derniers, notamment en termes de
formation (34).Tout comme les élèves,
ils font figure de cobayes dans le nouvel espace
virtuel éducationnel. Confrontés
à une multitude de nouveaux outils
pédagogiques, ils doivent d'une part
s'approprier la technologie en constante
évolution, et d'autre part, modifier, voire
créer de nouvelles méthodes
d'enseignement (35). Les orateurs ont
souligné que le déploiement massif
d'Internet dans les écoles modifie en
profondeur le concept même d'éducation
sans toutefois résoudre les problèmes
posés par le contexte social actuel. Pour
illustrer ces propos, ils ont décrit les
limites technologiques actuelles fixées par
le contexte social américain:
"Aux États-Unis, on semble
concevoir le défi de l'Internet par
l'alphabétisation informationnelle des
citoyens. Quand ils pourront utiliser l'outil
à sa pleine capacité, la
société connaîtra des gains de
productivité importants. Pourtant, cette
alphabétisation informationnelle est
impossible dans une société où
le pourcentage de vrais analphabètes oscille
autour de 50%". (Traduction libre)
Les sociologues ont conclu leur allocution en
affirmant qu'il ne fait pas de doute qu'Internet
puisse apporter quelques contributions en termes de
progrès social mais qu'on lui attribue une
valeur morale intrinsèque qui ne figure pas
au menu de ses fonctions.
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Internet à
l'école: Allons-nous trop vite? (36)
De son côté, Mme Moll,
coordonnatrice de la Fédération
Canadienne des enseignantes et enseignants et du
PIHAC (37), questionne les décisions
politiques concernant l'implantation d'Internet
dans le milieu éducatif d'un autre point de
vue. Pendant l'atelier intitulé: "Appuyer ou
bouleverser l'intérêt public", elle
n'a rien caché de ses inquiétudes
à l'égard de l'enthousiasme
général qui régnait au Palais
des Congrès. Débutant son allocution
en affirmant qu'elle-même n'était
absolument pas opposée à la venue des
nouvelles technologies à l'école, Mme
Moll a toutefois posé cette question
fondamentale:
"Mais où sont les
études sérieuses sur les effets
réels de l'ordinateur sur l'apprentissage?"
(Traduction libre)
De plus, Mme Moll a fait remarquer que les
groupes de travail et les comités d'experts
sur l'implantation de l'inforoute à
l'école comptent peu de professeurs et de
parents dans leurs rangs. Elle constate que les
gouvernements se montrent très enthousiastes
face aux généreuses initiatives des
grandes sociétés de l'information et
de l'informatique mais qu'ils ne consultent que
rarement les groupes de citoyens à ce sujet.
Elle a ensuite poursuivi sur le thème de
l'intrusion de la publicité dans les
écoles par le biais du Web. S'adressant
à l'assistance dans un style direct, elle
s'est exclamée:
"Ne soyons pas naïfs! On
cherche depuis longtemps à
pénétrer dans les écoles parce
qu'elles représentent un marché
colossal!" (Traduction libre)
En effet, Internet présente bien des
atouts pour une campagne de marketing et
l'infiltration publicitaire peut être
très insidieuse lorsqu'on s'adresse
directement aux enfants. À partir du moment
ou les élèves utiliseront
quotidiennement Internet comme outil
d'apprentissage, il sera très difficile
d'évacuer toute publicité de
l'environnement scolaire. En conclusion, Marita
Moll a proposé de réfléchir
avant d'agir et a demandé de modérer
le rythme de mise en réseau des institutions
scolaires de niveaux primaire et secondaire:
"Les décisions de grande
importance pour nos sociétés ont
toujours demandé temps et réflexion.
Je ne vois pas pourquoi ce devrait être
différent dans le cas d'Internet".
(Traduction libre)
Les inquiètudes de Mme Moll s'articulent
autour de la marchandisation grandissante de ce
secteur particulièrement vulnérable
qu'est l'éducation. En effet, le sentiment
d'urgence pour l'informatisation sociale qui
prévault actuellement dans l'ensemble des
pays industrialisés se traduit par des
investissements majeurs du privé en
équipement informatique et
télématique dans le secteur public de
l'éducation. Aux États-Unis,
Microsoft entend mettre gratuitement à la
disposition des écoles le "Microsoft-Teach
Connection Server", une extension du "Microsoft
Windows NT Server". Au Canada, Bell Canada offre
généreusement aux écoles
primaires et secondaires l'accès à
deux satellites de communication pour faciliter
leur adhésion au réseau.
Les entreprises privées
québécoises ont d'ailleurs
profité de la tribune d'Inet 96 pour
manifester leur intérêt pour le projet
de branchement scolaire. Vidétron s'est
engagée à établir un fonds de
3M$ pour l'élaboration de contenus. Bell
investira pour soutenir le développement des
contenus éducatifs et Cogeco offrira un
certain nombre de liens gratuits aux écoles.
Tandis que Québec Téléphone ne
facturera pas les frais d'interurbain aux
écoles situées sur son territoire.
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L'évangélisation
par l'éducation
Il semble que l'intégration des NTIC dans
le système scolaire devient une condition
indispensable pour développer les
compétences technologiques qu'exigera la
"nouvelle société de l'information"
(38). Malgré les constats critiques de
plusieurs intervenants présentés
à Inet-96 et aux États
généraux sur l'éducation (39),
le Ministère de l'Éducation investit
massivement pour la transformation rapide de
l'environnement scolaire. Il tente dès
maintenant de favoriser le développement
d'une culture scientifique et technologique, sans
même avoir évalué l'impact de
ces changements sur l'apprentissage.
Au Québec, le mouvement pour
l'informatisation du réseau scolaire est
déjà enclenché et semble
irréversible. En effet, les salles de classe
des écoles de la province se transforment
graduellement. Le tableau noir et la craie sont
progressivement remplacés par l'écran
et les transparents. Petit à petit, les
portables apparaissent sur les pupitres des
étudiants. Certains locaux sont
transformés en parcs d'ordinateurs et
plusieurs sont connectés à Internet.
S'inscrivant au nombre des initiatives
conjointes des gouvernements et de l'industrie, les
ateliers d'Inet 96 spécialement
consacrés au réseautage des
écoles avaient pour but de contribuer
à la transformation du réseau et
à l'adaptation des enseignants. Les titres
d'ateliers étaient très
révélateurs des préoccupations
des intervenants du milieu: "L'internet dans la
salle de classe: questions et perspectives";
"L'accès à l'Internet en classe, qui
établira le branchement ?"; "Modification
des modèles éducatifs"; "Les
élèves participants au processus
d'apprentissage".
Deborah Gross, du Ministère de
l'Éducation, qui parrainait ces ateliers
s'est réjouie de la participation de
quelques trois cent cinquante enseignants.
Consciente qu'il ne s'agit pas uniquement
d'informatiser le réseau scolaire et de
relever les compétences des enseignants, Mme
Goss a terminé sa présentation en
soulevant la question des contenus:
"(...) nous avons le filage,
maintenant, il nous manque le courant".
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La ferveur des élus
Le gouvernement canadien a promis de relier par
Internet les 23 000 écoles,
universités, collèges et
bibliothèques publics du pays d'ici 1998. Il
recommande que les collections des
bibliothèques et des institutions
culturelles de Canada soient
numérisées le plus tôt
possible. Il insiste sur la formation
"désuète" des formateurs et propose
un "recyclage" en fonction du nouvel environnement
technologique. Des investissements majeurs en
recherche et développement ainsi que la
création de matériel et d'outils de
navigation et d'éducation en français
sont également au programme.
Le Fond de l'autoroute de l'information
contribuera pour sa part à la mise en place
de contenus pédagogiques et didactiques. Le
Secrétariat de l'autoroute de l'information
espère créer un serveur, qui serait
une véritable plaque tournante de
l'information à caractère
éducatif. Parallèlement, le
gouvernement prévoit de moderniser la
formation des futurs enseignants, de concert avec
les universités. Un budget de 2M$ a donc
été débloqué afin
d'équiper les facultés de sciences de
l'éducation avec le matériel
informatique et les logiciels nécessaires.
Le Ministère de l'Éducation
québecois cherche également à
s'adapter rapidement aux NTIC pour répondre
aux besoins de la "nouvelle société
de l'information". La ministre de
l'Éducation, Pauline Marois, a d'ailleurs
profité de la tenue d'Inet 96 pour
dévoiler le plan d'intervention du
ministère sur l'utilisation des NTIC
à l'école. Des investissements de
l'ordre de 318M$ sont prévus pour assurer le
branchement du réseau scolaire
québécois d'ici 1997. Ce plan
d'action permettra d'intensifier le recours des
écoles primaires et secondaires du
Québec à l'informatique, à la
télématique et aux autres
technologiques de pointe.
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"Ite, missa
est"*
À plusieurs égards, la
conférence Inet 96 ressemblait aux grandes
célébrations qui ponctuent l'histoire
religieuse. L'aménagement des lieux, le
decorum ainsi que le ton des communications,
rappelaient l'ambiance de la messe des jours
sacrés. Mais, au delà de
l'événement, l'observation des
stratégies mises en avant par l'ensemble des
intervenants pour l'implantation et le
développement d'Internet dans nos
sociétés occidentales, permet de
découvrir des similitudes entre les
mouvements d'informatisation et
d'évangélisation. Dans un cas, comme
dans l'autre, il s'agit de faire reconnaître
une croyance commune et de véhiculer la
promesse d'un "monde meilleur".
Les résolutions prises à Inet 96,
par rapport à la langue et aux
préoccupations sociales, témoignent
du désir oecuménique d'Internet
Society de rassembler les différentes
"confessions" et de faire croître la
"pratique de l'Internet" à l'ensemble de la
planète. Tout comme les évêques
de Vatican II, les grands prêtres d'Internet
ont décidé en juin dernier,
d'abandonner la langue ésotérique et
de se rapprocher des préoccupations de la
population. À l'instar des membres du
Conseil mondial des églises, les
gouvernements et les entreprises joignent
désormais leurs efforts pour soutenir
symboliquement et économiquement
l'implantation d'Internet dans les secteurs de la
santé, de la politique et de
l'éducation.
Cette mise en perspective du caractère
"religieux" d'Inet 96 peut sembler exacerbée
mais les discours à saveur messianique
largement médiatisés lors de cette
conférence ont des répercussions
particulières en cette fin de siècle.
En effet, la vision d'un monde sans barrière
linguistique, économique, politique ou
territoriale se rapproche du désir de
rassembler tous les peuples sous une même
égide et séduit d'emblée bon
nombre d'acteurs sociaux. Cette vision
représente, en fait, la trame de fond du
discours dominant dans l'ensemble des pays
industrialisés et la pierre d'assise sur
laquelle la "nouvelle société de
l'information" érige son église.
En marge de ces discours dithyrambiques, nos
avocats du diable ont dénoncé les
propos épicuriens des acteurs politiques et
économiques qui font la promotion de la
nouvelle société en clamant l'urgence
de l'informatisation sociale. Derrière les
considérations philosophiques et
pragmatiques de ces intervenants, se profile la
critique des idéologies technologique et
marchande. En fait, ces interventions
démontrent que la contribution d'Internet au
développement d'un "monde meilleur" repose
beaucoup plus sur les stratégies des acteurs
sociaux que sur les qualités
intrinsèques de la technologie, et que "les
pouvoirs salvateurs" qu'on attribue à
Internet serviraient en fait les
intérêts de l'économie de
marché.
Tout comme les missionnaires jadis, les acteurs
sociaux investissent le secteur stratégique
de l'éducation pour implanter,
développer et reproduire les valeurs de la
nouvelle société de l'information.
L'entrée d'Internet dans le réseau
scolaire représente pour les gouvernements,
un projet mobilisateur qui stimule
l'économie du pays et offre aux entreprises
une opportunité d'accéder directement
à un tout nouveau et très lucratif
marché. En effet, l'école devient non
seulement un lieu de prédilection pour
l'expérimentation sociale des nouveaux
produits, mais permet également la
création d'un bassin de nouveaux
consommateurs qui sont automatiquement
intégrés et participent au processus
d'informatisation sociale en cours.
Au fur et à mesure qu'ils s'approprient
la technologie, les acteurs sociaux du monde de
l'éducation acquièrent des
habilités et deviennent des joueurs
indispensables au sein du mouvement
d'informatisation. Dans un tel contexte, leurs
stratégies revêtent une importance
considérable et le développement des
usages et des contenus scolaires deviennent des
indicateurs précieux afin de mieux
appréhender, dans les années à
venir, le rôle effectif des NTIC au sein de
la société.
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(1) L'Internet Society (ISOC) a
été fondée en 1992. Cet
organisme a pour objectif de favoriser la
coopération et la coordination globale de
l'Internet (http://info.isoc.org/).
(2) La revue Educ@Media affiche le programme du
pré-colloque consacré aux
utilisations de l'internet à des fins
pédagogiques
(http://edumedia.risq.qc.ca/).
(3) Quelques jours avant la conférence,
l'ISOC avait organisé des ateliers sur la
technologie des réseaux au campus de
l'Université McGill. Ces ateliers visaient
à aider les pays qui ne sont pas encore
reliés au réseau Internet et ceux qui
sont en voie de le faire.
(4) Plus de 80 entreprises ont payé entre
10 000 et 25 000 $ US pour être
présentes au salon des exposants.
(5) Pierre Desmarteau décrit les lieux dans
un article intitulé: "L'avenir de l'Internet
se dessine présentement à
Montréal" (http://transc.com/inet96/).
(6) Trois cent (300) journalistes couvraient
l'événement comparativement à
une trentaine l'an dernier à
Hawaï.
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(7) Les principaux
commanditaires étaient les suivants: Bell
Canada, le Gouvernement du Québec, Microsoft
Inc (150 000$ US) - l'Agence canadienne de
développement international, CANARIE Inc.,
Cisco Systems Inc., l'Organisation du Traité
de l'Atlantique Nord (OTAN) (75 000$ US). Voir
à ce sujet l'article de Benoît Munger:
"Deux millions en commandites pour Inet 96"
(http://www.v
ir.com/~wily/ inforoute/inet96/inet0625_2.htm).
(8) Introduction et bienvenue: Don Heath,
President, Internet Society - Lionel Hurtubise,
Président et chef de la direction, Ericsson
Communications Inc. - Monique Lefebvre,
Présidente - directrice
générale, CRIM - Pierre Bourque,
maire de Montréal - George Sdowsky,
vice-président - éducation, ISOC -
Larry Landweber, président du conseil de
ISOC - Jean-Claude Guédon, professeur -
Sénateur Pierre Laffitte - Mme Louise
Beaudoin, ministre de la Culture et des
Communications du Québec - M. John Manley,
ministre, Industrie Canada. La nomenclature des
personnalités ayant participé
à la séance plénière
d'ouverture ainsi que le texte des discours
prononcés sont disponibles sur le site du
CRIM (http://www.crim.ca/inet96/frame
2.html).
(9) L'allocution prononcée par le
vice-président des États Unis devant
l'Académie de Télévision
à Los Angeles en 1993 et la thèse du
"Village global" de McLuhan constituent la base de
la figure rhétorique des discours
médiatiques sur le développement de
la société de l'information.
(10) Les textes intégraux ou les
abrégés, en anglais, de toutes les
conférences
(http://www.isoc.org/isoc/whatis/ conferences/inet/96/inet96/index.html)
peuvent être consultés sur le site de
l'Internet Society (http://info.isoc.org/). La
description des ateliers en français est
également disponible sur le site du CRIM:
(http://www.crim.ca/inet96/).
(11) Les Chroniques de Cybérie en
collaboration avec i-cor MEDIA (division de
Quebecor Multimedia) ont publié les
compte-rendus d'INET'96 et plusieurs entrevues en
français. Les articles et textes portant sur
les différents thèmes de la
conférence, ainsi qu'une liste
commentée de sites ayant fait l'objet d'une
communication figurent à
(http://www.i-cor.com/services/inet/).
*Au moment de mettre en ligne, nous apprenons que
Quebecor qui détient les droits d'auteurs a
retiré ces articles de son site. Conscients
que cette décision rend quelques unes de nos
citations obsolètes, nous avons choisi de
conserver ces références car des
démarches ont été entreprises
par Les Éditions Cybérie pour obtenir
la permission de loger ce contenu sur leur site.
Pour l'instant l'adresse:
http://www.i-cor.com/services/inet donne
accès à un autre site du Groupe mais
un lien sur la nouvelle adresse sera inscrite si
ces articles trouvent un nouvel
hébergement.
(12) "Les zapatistes et la structure
électronique de la lutte",
"Possibilité de développement de
l'Internet en Russie et en Asie",
"Expériences du premier exercice d'aide aux
sinistrés par l'Internet", "La communication
numérique par l'Internet en cas de guerre",
"Service de santé sur l'Internet", etc.
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(13) Bien que la majorité
des communications était prononcée en
anglais, un service de traduction simultanée
était disponible sur place. Une
journée d'animation en français
à l'intention des enseignants et des
enseignantes a été organisée
dans le cadre des ateliers "Inet va à
l'École".
(14) Le programme d'INET 97 est disponible
(http://www.isoc.org/isoc/whatis/ conferences/inet/97/index.html).
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(15) Pour en savoir plus sur
l'ancien président de l'Internet Society,
Vint Cerf, voir l'article de Jean-Hughes Roy dans
"Québec-Science": Pape de l'Internet
(http://www.QuebecScience.qc.ca/ cerf.html) ou sa
page personnelle sur le site de MCI
telecommunication
(http://www.mci.com/te
chnology/ontech/cerf.shtml).
(16) Dans un article intitulé, "D'ici l'an
2000, nous aurons des ampoules branchées au
Net", Pierre Desmarteau résume l'essentiel
du message du gourou
(http://transc.com/inet96/).
(17) Par exemple trois études
récentes portant sur l'évaluation du
nombre d'Internautes américains affichent
des différences très marquées:
Nielsen Media Research, (1994): 24 millions de
Netsurfers aux États-Unis - SVP's American
Internet User Survey, (1996): 9,5 millions -
O'Reilly Associates et Trish Infomation Services
(1996): 5,8 millions.
(18) Selon les sources, les chiffres varient de 30
à 50 millions d'usagers à travers le
monde et de 150 000 et 200 000 au
Québec.
(19) On trouve des chapitres de l'ISOC en
Allemagne, en Argentine, en Espagne, en France,
à Hawaï, en Israël, au Japon, au
Mexique, en Norvège, en Suisse, en
Thaïlande, et dans les régions de la
Baie de San Francisco et de Washington aux
États-Unis.
(20) Les résultats des enquêtes du
Réseau interordinateurs scientifiques
québécois (RISQ) sur le profil
sociodémographique des internautes
québécois sont
présentés à
(http://www.risq.qc.ca/enquete1,
http://www.risq.qc.ca/enquete2,
http://www.risq.qc.ca/enquete).
(21) Adresse du site de l'association des
internautes du Québec
(http://www.isoc.qc.ca/). Voir aussi
l'article de
Jean-Pierre Cloutier: Mouvance au Québec :
une association d'utilisateurs de l'Internet ou un
chapitre de l'ISOC?
(http://www.i-cor.com/services/ inet/netm4.html).
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(22) D'après des
études américaines récentes,
la langue française occuperait entre 8 et 10
% du contenu d'Internet, le français
étant la deuxième langue d'Internet.
À ce sujet, le lecteur trouvera des
renseignements complémentaires dans
l'article d'Hubert Manseau: "Depuis que la France a
changé de cap, la présence du
français dans le Net pourrait prendre une
autre dimension."
(23) Voir à ce sujet l'article de Robert
Dutrisac
(http://www.v
ir.com/~wily/inforoute/ inet96/inet0625_4.htm)
et le site d'Alis Technologie:
(http://www.alis.com/).
(24) Voir à ce sujet l'article de Yan
Barcelo: "Alis technologies : un prochain Netscape
?". Son fureteur Tango a été retenu
par des fournisseurs d'accès dans 70 pays.
(http://transc.com/inet96/).
(25) Pour consulter les pages Babel
(http://babel.alis.com:8080).
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(27) "Evaluating the
Internet: A Social Progress Matrix", Jeremy J.
Shapiro, Shelley K. Hughes
(http://www.crim.ca/inet96/)
(28) M. McLuhan, J.J. Servan-Schreiber, A.
Touraine, D. Bells, A. Etzioni, A. Toffler, N.
Negroponte, J. de Rosnay. Ces spécialistes
pensent que la société de l'opulence
communicationnelle apporte avec elle un très
important potentiel de progrès social:
épanouissement culturel, harmonisation
sociale et éducation populaire,
recomposition politique du pouvoir et du territoire
etc.
(29) A. et M. Mattelart, X Delcourt, B.
Miège, Y. De la Haye, S. Proulx, L. Sfez
considèrent que cette vision relève
de la pure utopie. Ils ne doutent pas de la
pertinence de la mise en place de nouveaux
dispositifs de communication, mais ils
considèrent que les changements sociaux
espérés sont beaucoup moins
probables.
(30) Bien qu'un seul atelier portait sur les
applications d'Internet dans le domaine de la
santé, nous avons pu assister à
quelques présentations très
intéressantes: "Un hopital du cyberespace";
"Description de SatelLife"; "Intermet: une
initiative de collaboration médicale faisant
appel à l'Internet" et "une étude de
cas sur les services de santé sur
l'Internet".
(31) En plus de la journée consacrée
au thème "Inet va à l'École",
les organisateurs avaient prévu plusieurs
ateliers et deux tables rondes portant sur ce
thème: "Partenariat, collaboration et
coopération" et "Apprendre et enseigner sur
l'Internet". Le grand nombre de recherches dans le
domaine laisse supposer des progrès pour les
années à venir aussi bien sur le plan
du développement d'applications que sur le
plan de la recherche en pédagogie.
(32) A ce titre l'atelier: "L'Internet change les
règles du jeu" fut très
révélateur. Nous avons eu droit
à la présentation d'un document
d'évaluation stratégique de
l'Internet dans une perspective militaire
émanant du Pentagone, à une
méthode d'utilisation de l'Internet pour
diffuser les grands axes d'un parti politique dans
le monde et à la description
détaillée du rôle et de la
fonction d'Internet dans la lutte des Zapatistes du
Chiapas.
(33) Voir à ce sujet l'article de Bernard
Mataigne: "Métamorphose du monde de
l'éducation"
http://www.i-cor.com/services/ inet/netm2.html)
(34) "La formation des maîtres : une
condition sine qua non au succès d'Internet"
Stéphanie Grammond:
(http://transc.com/inet96/)
(35) "Avec Internet, le rôle de l'enseignant
changera": Benoit Munger
(http://www.vir.com/~wily/inforoute/ inet96/inet0628_1.htm))
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(36) "Supporting or Subverting
the Public Interest: A Critical Look at the Agenda
to Connect All Schools, Hospitals, and Libraries to
the Information Highway", Marita Moll
(http://www.crim.ca/inet96/frame
2.html)
(37) Le Public Information
Highway Advisory Committee (PIHAC) est un groupe de
pression sans but lucratif.
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(38) L'Institut canadien pour
l'éducation aux adultes (ICEA) stipule dans
son mémoire présenté aux
États généraux sur
l'éducation des adultes que plus de la
moitié des emplois crées d'ici l'an
2000 exigeront au moins 17 années de
scolarité
(gopher://gopher.uquebec.ca:70/ 0R678804-683694-1m/menu/rep_syn/ nat//text).
(39) Des chiffres
inquiétants laissant présager des
difficultés d'adaptation aux NTIC pour une
large part de la population du Canada ont
été avancés par plusieurs
intervenants. Par exemple: 15% de la population
canadienne est analphabète fonctionnelle,
44% des adultes ne possèdent pas de
diplôme d'études secondaires et 75%
des travailleurs n'ont pas reçu de formation
professionnelle structurée. Les
mémoires sont disponibles sur le site des
États généraux sur
l'éducation
(http://panoramix.uqss.uquebec.
ca/menu/).
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