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Introduction
Au Japon, la réforme des
télécommunications d'avril 1985 a
marqué le début de la concurrence dans ce
secteur. Depuis, le marché est devenu très
actif et a connu une expansion rapide. Ces dernières
années, la dynamique a été entretenue
grâce à la déréglementation de la
téléphonie mobile et en 1996, le
démantèlement de Nippon Telegraph and
Telephone Public Corporation (NTT), ancien acteur
monopolistique et encore premier opérateur de
télécommunications au monde en termes de
capitalisation boursière a été
discuté.; Enfin, dans un avenir rapproché, on
peut raisonnablement penser que la croissance
économique du secteur continuera grâce au
développement du marché de la
câblodistribution encore à l'état
embryonnaire jusqu'en 1996.
Phénomène intéressant,
cette dynamique en matière de supports d'information
a été de pair avec un discours de plus en plus
présent consacré à l'avènement
de la société de l'information
1.
Les propos tenus par le
vice-président américain Al Gore le 11 janvier
1993 devant l'Académie de télévision
des États-Unis à Los Angeles, sont
généralement considérés comme le
coup d'envoi de la forte médiatisation de la fameuse
société de l'information. Devant un parterre
d'industriels de l'audiovisuel, des
télécommunications et des nouvelles
technologies, Al Gore a annoncé le lancement d'un
programme baptisé "autoroutes de l'information"
2 qui a rappelé celui que le
Président John F. Kennedy avait mis en place au
début des années 60 pour conquérir
l'espace. Seule en fait la frontière a changé
depuis. On retrouve la même volonté de
développer un secteur dynamique en termes de
croissance économique et, si possible, d'emplois,
autrement dit, un moyen de contribuer au renouveau du
système de l'économie de marché
concurrentielle.
Depuis cette déclaration, les autres
pays membres du G7 3 ont tous
multiplié les discours, voire les premières
expériences reliées à l'autoroute de
l'information. La plupart du temps, les propos ont
été très proches de ceux tenus aux
États-Unis. Cela a notamment été le cas
au sein de la Commission de l'Union européenne
à Bruxelles avec le rapport Bangemann
4 qui a constitué un
véritable hymne au libéralisme et à la
technologie.
Dans les pays occidentaux, la
société de l'information promise par les
futurologues 5 a d'ailleurs souvent une
saveur idéologique libérale, voire
ultralibérale, la circulation parfaite de
l'information permettant enfin à la "main invisible
du marché" chère à Adam Smith
6 de réduire le rôle de
l'État au strict minimum, autrement dit à ses
fonctions régaliennes en matière de
défense, de justice et de police.
Le Japon suit-il la même dynamique économique
et culturelle que l'Occident (et principalement les
États-Unis) en matière de nouvelles
technologies de l'information et de la communication (NTIC)
? Comment la société japonaise va-t-elle
réagir à toutes ces nouvelles technologies de
l'information et de la communication venues d'ailleurs ?
Nous nous proposons d'apporter quelques
éléments de réponse dans cet article.
Dans un premier temps, nous verrons que la politique de
déréglementation made in Japan possède
certaines caractéristiques fort originales par
rapport à ce que nous observons dans les pays les
plus riches en Occident. Dans un deuxième temps, nous
verrons que la société japonaise
développera peut-être un modèle de
société de l'information différent de
celui de l'Occident.
Enfin, précisons que cet article a
été rédigé à partir d'un
travail plus vaste effectué pour le Groupe de
recherches sur les industries culturelles et
l'informatisation sociale (GRICIS) 7 sur
les enjeux de la déréglementation des
télécommunications au Japon.
Pour effectuer cette recherche, nous avons choisi de nous
intéresser à la documentation sur papier en la
matière mais nous avons également
effectué une recherche documentaire à partir
des ressources de l'Internet.
En effet, nous étions
intéressés à trouver des
éléments de réflexion qui soient les
plus récents possible et en conséquence,
l'utilisation du World Wide Web 8 a
été d'une aide précieuse.
Notons d'ailleurs à l'occasion que, sans
l'utilisation de l'Internet, le travail aurait
été partiellement différent. Même
si les enseignements que nous tirons de nos recherches ne
sont pas réductibles aux faits récents
étudiés, il n'en reste pas moins que nous
avons trouvé très positif de pouvoir
réfléchir à partir d'une
actualité particulièrement récente
9.
La déréglementation
à la japonaise
Créée en 1952, la société Nippon
Telegraph and Telephone Public Corporation (NTT) a
été pendant longtemps le seul opérateur
responsable des télécommunications internes au
Japon, la Kokusai Denshin Denwa Company (KDD) tenant le
même rôle en matière de
télécommunications internationales.
L'existence d'un monopole public était
justifié pour les raisons suivantes :
- le développement des
télécommunications devait accompagner le
développement économique en adaptant les
infrastructures des télécommunications aux
besoins créés par le "décollage" de
l'économie. En effet, la croissance économique
est favorisée par les développements des
télécommunications,
- le développement des
télécommunications devait permettre l'appel
automatique et direct dans tout le Japon; afin de proposer
à chaque citoyen un service universel, ce qui
nécessitait d'importants investissements.
Résultat, en 1978, chaque personne en ayant
effectué la demande bénéficiait au
moins d'une ligne téléphonique et l'appel
automatique et direct dans tout le pays était
possible l'année suivante.
Commencée il y a dix ans, la
déréglementation progressive des
différents segments des
télécommunications (communications nationales,
régionales, internationales, par satellite,
téléphonie cellulaire, micro-cellulaire,
télémessagerie, etc.) a contribué
à faire exploser le marché de l'offre. Ainsi,
fin janvier 1996, 123 transporteurs de type I
10 et 2.805 de type II
11 étaient recensés.
Néanmoins, malgré cette
multiplication des offreurs de services, le poids de NTT est
demeuré considérable. Ainsi, sur le
marché des communications entre les
préfectures, NTT a gardé une part de
marché élevée, celle-ci ne chutant que
de 98,5% à 91,9% entre 1989 et 1993. La concurrence a
surtout eu un impact dans l'axe Tokyo-Nagoya-Osaka, les new
common carriers (NCC) 12 assurant
désormais plus de la moitié des appels
téléphoniques, leur part étant
passée de 39% en 1989 à 54,4% en 1993
13.
NTT, figure emblématique
En conséquence, le Ministère
des Postes et des Télécommunications a
mené une réflexion sur l'avenir du
géant NTT accusé par ses concurrents de
fausser la compétition. Comme cela était
prévu, les auteurs du rapport ont
considéré que la taille de NTT posait
problème pour l'existence d'une véritable
concurrence dans le secteur des
télécommunications :
"il est plus que probable que le monopole s'effectue au
détriment d'une rivalité juste et efficace.
Les opérateurs monopolistiques ont tendance à
manquer de stimulant pour diminuer les coûts et
améliorer les services" 14.
Dans la version anglaise, les expressions : "providing lower
rates and diverse services", "promote fair and effective
competition" reviennent sans cesse. L'atmosphère du
rapport est donc plutôt proche des thèses
libérales américaines. L'administration des
États-Unis n'a t-elle d'ailleurs pas elle-même
demandé le démantèlement de NTT ?
Concrètement, les auteurs du rapport concluent
à la nécessité de diviser NTT en trois
compagnies dont l'une serait consacrée aux
communications de longue distance et les deux autres
compagnies, aux communications régionales.
La première devra être complètement
privatisée et devra pouvoir pénétrer le
marché des communications internationales et d'autres
marchés tels que les services aux entreprises et les
communications régionales. Elle devra absorber les
actuelles parts de NTT Data Communications Systems Corp.,
NTT Mobile Communications Network Inc. et NTT Personal
Communications Networks.
Les deux compagnies régionales
devront être traitées spécifiquement.
Néanmoins, in fine, elles seront complètement
privatisées en fonction de la situation de la
compétition du marché régional des
communications. Comme il est possible que ces deux
sociétés profitent de leur monopole dans leur
aire opérationnelle respective, l'entrée dans
les segments des communications à longue distance,
des communications internationales et d'affaires sera
restreinte pour le moment.
La réorganisation est programmée pour
l'année fiscale 1998 15.
Une autre façon de concevoir la
déréglementation ?
Malgré ce parfum permanent de "laisser-faire,
laisser-aller", une lecture attentive permet de constater
que le rôle de l'État reste important. Ainsi,
l'approche libérale est peu présente quand il
s'agit d'aborder la question délicate du contenu. Le
rapport insiste plutôt sur la nécessité
de protéger les consommateurs vis-à-vis de
certains contenus multimédiatiques, notamment en ce
qui a trait à l'Internet et à la
variété, discutée, de son contenu.
Le gouvernement ne voit donc nullement son rôle
réduit à un simple statut d'arbitre. Il
devrait :
- promouvoir activement la déréglementation de
façon à créer un dynamisme dans
l'industrie de "l'info-communication" et de façon
à achever la "seconde réforme de
"l'info-communication", en tenant compte des changements des
conditions socio-économiques et des innovations
technologiques fortes ;
- prendre des mesures afin d'assurer l'interconnexion entre
les différents réseaux (ce qui comprend
l'imposition de celle-ci, la fixation des systèmes
tarifaires, la prise en considération des
systèmes et des standards, la définition des
exigences techniques requises etc) ;
- exécuter la restructuration de NTT (le gouvernement
devrait préparer les mesures législatives
nécessaires et commencer immédiatement
à entreprendre les études, incluant la
préparation du plan de réorganisation, afin de
restructurer NTT pendant l'année financière
1998) ;
- exécuter d'autres mesures
politiques telles que promouvoir la rationalisation; assurer
le service universel; encourager la R&D (recherche et
développement); rehausser la sécurité;
assister la construction de l'infrastructure; promouvoir une
administration qui tienne compte des bénéfices
des consommateurs et; développer de nouvelles formes
d'administration 16.
Les pouvoirs publics se voient donc confier un rôle
d'agencement et d'encadrement considérable. Il ne
s'agit aucunement d'un "laisser-faire"
général. L'importance de ce rôle indique
bien que l'idéologie libérale est
considérablement adaptée par les Japonais.
D'ailleurs, il ne faut pas se leurrer :
"Certaines personnes croient que la
dérégulation conduite est une tentative de
retour au "laisser-faire" du capitalisme, mais elles se
trompent complètement. Le débat sur la
dérégulation concerne uniquement les relations
à envisager entre le gouvernement et l'industrie"
17.
Comme nous le prouve le "dossier NTT", la
déréglementation à la japonaise est
ainsi beaucoup plus stratégiquement orchestrée
par les pouvoirs publics qu'elle ne l'est aux
États-Unis. Le terme même de
déréglementation peut être sujet
à plusieurs interprétations et dans le cas du
Japon, derrière l'emploi d'un concept commun aux
autres pays les plus riches - mais tous occidentaux - se
profile en fait une politique sans véritable rupture
avec le passé.
Il s'avère qu'au Japon, les changements sont moins la
résultante d'une contestation que d'un effort
organisé d'adaptation. L'opposition entre
"État" et "marché" est ici fortement
atténuée par la recherche de synergies.
Certes, des conceptions différentes s'affrontent mais
elles doivent être interprétées en
termes de luttes d'influence (voir les oppositions, fort
anciennes, entre le MITI -Ministry of International Trade
and Industry- et le MPT) plutôt que de conflits
idéologiques marqués.
La déréglementation à la japonaise est
donc vécue davantage comme une étape de
l'histoire économique du pays que dans la
perspective, largement répandue à Washington
(et de plus, en plus, par contamination, à Bruxelles
et dans bon nombre de pays européens), d'une
supériorité intrinsèque, universelle et
intemporelle de la concurrence
généralisée.
Il serait donc malvenu de faire un parallèle entre
les politiques menées en Occident, à commencer
par les États-Unis, et les politiques menées
au Japon. Le Japon ne suit visiblement pas la même
logique économique que l'Occident en matière
de nouvelles technologies de l'information et de la
communication (NTIC).
Qu'en est-il de la dynamique culturelle ?
Les Japonais et les autoroutes de
l'information
Alors que le Japon bénéficie
d'une image de marque dans les produits high-tech, en
matière d'applications, l'accent est presque toujours
mis sur son retard par rapport aux États-Unis et sur
les apports considérables de la nouvelle
société émergente
18.
"L'impact du discours d'Al Gore a
été considérable au Japon. Le Japonais
moyen considérait le multimédia comme quelque
chose de vague et de lointain dans le temps, mais cette
chose a soudainement commencé à prendre forme"
19.
Le multimédia, nous dit-on, va
changer radicalement notre façon de vivre, de
communiquer et d'interagir ... Les enthousiastes disent que
chaque habitant du Japon pourra faire ses courses et
s'occuper de ses transactions bancaires de son domicile,
aura accès à tous types d'informations
disponibles sur les bases de données à travers
le pays, pourra télécharger une vaste
variété de programmes
télévisés interactifs et de logiciels
de jeux, envoyer et recevoir du courrier
électronique, et se brancher sur les colossales
ressources de l'autoroute de l'information mondiale
20.
Force est en effet de constater que malgré le
dynamisme du secteur des télécommunications -
secteur-clé de développement des supports de
la société de l'information - le Japon a
accumulé du retard par rapport aux États-Unis,
la référence en la matière. Il en est
ainsi dans le cas de l'Internet - le plus grand
réseau informatique du monde - réseau
particulièrement intéressant puisqu'il s'agit
de la première concrétisation à
échelle internationale en matière d'autoroute
de l'information interactive.
Le Japon et l'Internet
En 1993, le pourcentage de foyers
disposant d'un Personal Computer (PC) au Japon restait de
beaucoup inférieur à ce qu'il était aux
États-Unis : 13,9% des foyers étaient
équipés contre 30,5% aux États-Unis.
Par rapport à cette question, le Japon se trouve
confronté à un autre problème que la
pénétration des ordinateurs individuels dans
les foyers 21 : la très grande
variété de formats d'ordinateurs empêche
la standardisation des systèmes multimédia,
notamment quand il s'agit de relier des ordinateurs entre
eux. Koichi Akao, expert en multimédia, espère
que :
"les firmes privées vont joindre
leurs efforts pour trouver des standards communs.
J'espère que l'on aboutira à un standard de
terminal à domicile. Je crois que les compagnies au
Japon, en Amérique et en Europe devraient
coopérer à développer une technologie
de base dans l'intérêt du public"
22.
Jusqu'en 1993, seul un nombre limité de chercheurs et
d'ingénieurs étaient reliés à
l'Internet. Or, depuis plusieurs années, industriels
et universitaires militaient pour une plus grande
démocratisation de l'accès au "réseau
des réseaux". C'est en 1993 que l'accès
à l'Internet a été possible en dehors
des utilisateurs de la sphère scientifique. Pour la
première fois, des opérateurs privés,
hors du monde de la recherche, ont eu le droit de vendre des
connexions.
Depuis cette année-là, le nombre
d'abonnés aux deux plus grands réseaux, PC-Van
(réseau NEC) et Nifty-Serve (réseau Fujitsu),
est en régulière augmentation. Rapidement,
l'utilisation de l'Internet sera donc plus importante en
dehors de la sphère académique qu'à
l'intérieur, plus de 50 compagnies proposant des
connexions Internet sur des bases commerciales depuis
1995.
Au total, le nombre de
sociétés proposant des services disponibles
sur l'Internet, c'est-à-dire possédant un nom
de domaine 23, a plus que doublé
entre mars 1993 et janvier 1995 pour atteindre 1800. Le
nombre d'ordinateurs hôtes directement
connectés au réseau Internet - de serveurs
dédiés à l'Internet autrement dit -
double tous les douze mois, à la même vitesse
que dans le reste du monde, selon Izumi Aizu, chercheur au
Centre des communications globales (GLOCOM)
24.
Comme ailleurs de par le monde, les deux
applications les plus prisées de l'Internet sont le
courrier électronique et le Web avec son interface
graphique qui en fait une base de données
unifiée. Il est possible également de
constater que la langue anglaise, dominante sur l'Internet,
ne constitue pas, au Japon, un frein au développement
du "réseau des réseaux". Simplement, les
Japonais communiquent entre eux en ... japonais. Quant
à savoir si, pour les communications internationales,
les Japonais seraient désavantagés
25, Izumi Aizu pense que non car les
Japonais ont bien relevé le défi de comprendre
l'anglais lors de l'occupation du sol national par
l'armée américaine après la Seconde
Guerre mondiale.
La société japonaise en
mutation
Phénomène particulièrement
intéressant, le développement de l'inforoute
au Japon commence en période de mutation importante
de la société.
Le travail a toujours été une valeur dominante
de la société japonaise, créatrice,
avec la famille, d'un lien social extrêmement fort. Le
style de vie japonais tire ses origines de deux valeurs
ancestrales. La première est l'éthique du
travail bien fait, déjà
prépondérante avant l'ère Meiji
(1868-1912), qui veut que l'on s'applique à sa
tâche. C'est la résultante de l'influence
héritée du confucianisme selon lequel "travail
égale bien, profit, difficulté" alors que
"loisir égale mal, perte, facilité". S'est
greffée à cette valeur ancienne celle de
l'idéologie de l'assiduité, largement
inspirée par la politique d'éducation
centralisée et nationaliste, menée par la
Restauration de Meiji jusqu'en 1945.
Ainsi, en 1912, le Ministère de
l'Éducation imposa le chant suivant dans les
écoles : "(on doit) s'appliquer dans son travail sans
épargner sa peine ; le soir, après le travail
supplémentaire de nuit, on doit se consacrer à
la lecture ou à la calligraphie ; apprenez sans cesse
et sans détourner la tête de vos livres". Le
labeur se trouvait ainsi sacralisé. D'autant plus que
les Japonais travaillaient très souvent dans la
même entreprise pendant toute leur vie. Quand il ne se
mariaient pas avec une "consoeur" de la même
entreprise, selon leurs positions hiérarchiques
respectives 26.
Or, la tradition est actuellement, au
moins partiellement, remise en cause. La nouvelle
génération, celle de Shinjin-rui (nouveaux
jeunes) ou des cigales (Kiri-Girisu) est composée des
jeunes salariés de moins de 25 ans aux aspirations
multiples, qui témoignent de peu de
fidélité à leur entreprise, refusant
catégoriquement de faire des heures
supplémentaires, et qui remettent en cause la
"normalisation" de la société japonaise. Le
nombre de salariés qui accordent autant d'importance
au loisir qu'au travail a augmenté, surtout chez les
jeunes qui ont fait des études supérieures.
Ainsi, en 1992, une enquête du Bureau du Premier
ministre indiquait que 48,7% des Japonais interrogés
étaient mécontents de leur temps de loisir,
soit un peu plus que les 46,9%, satisfaits de leur
situation. Les "plutôt satisfaits" du partage actuel
travail-loisir correspondaient aux individus
âgés de 40 ans et plus, alors que les moins de
40 ans souhaitaient avoir plus de loisirs
27.
Une autre façon d'intégrer
les NTIC ?
Dans le cadre de cette mutation
sociétale, qui remet en cause au moins partiellement
la solidarité à la japonaise, Izumi Aizu
estime que l'Internet "ouvre (...) la possibilité de
changer le Japon en une société moins rigide,
plus décentralisée, suivant le paradigme du
réseau" 28. Selon son
collègue, Shumei Kumon 29, nous
sommes maintenant au coeur de la troisième
révolution industrielle, marquée par la mise
à disposition du consommateur de l'information
à un prix plus faible que jamais auparavant
30. L'Internet constitue d'ailleurs une
première ébauche de cette mise à
disposition du public d'informations à des
coûts très peu élevés.
Pour Shumei Kumon, au Japon, ce sont les Internautes qui
"peuvent créer une demande pour des services de
télécommunications à large
échelle, qui constituera un pont entre les usages
professionnels et au domicile" 31.
Les Japonais reprennent donc à leur compte un
discours largement positiviste en matière de NTIC,
discours fort dominant en Occident et surtout aux
États-Unis, discours qui vise à encourager le
dynamisme du secteur. L'ensemble des partenaires, notamment
les administrations publiques et les agents de secteurs
comme l'éducation et la santé, sont
invités à amorcer la demande en matière
de nouveaux biens et services multimédiatiques de
façon à favoriser le lancement de nouvelles
entreprises dans ce secteur. En cas de réussite, cet
entraînement réciproque de l'offre et de la
demande est appelé "le cercle vertueux de
l'économie". Mais ce raisonnement à dominante
économique ne doit pas faire oublier l'importance des
comportements des consommateurs japonais. Shumei Kumon
remarque, fort justement, qu'aujourd'hui peu de peuples et
de régions possédant des cultures qui
diffèrent de la culture occidentale sont devenus
membres de la famille des pays les plus riches, avant
d'ajouter :
"même s'il est désirable que
les régimes politiques et économiques soient
harmonisés à un certain degré pour
faciliter l'interaction, la liberté de chaque
société en accord avec ses propres situations
et sa propre histoire pour maintenir et développer de
tels systèmes et des pratiques culturelles doit
être respectée" 32.
D'autres analystes sont sceptiques quant à l'assise
culturelle réelle de tous ces projets
multimédiatiques. Selon Yoshio Tsukio, professeur
à la Faculté des Sciences à
l'Université de Tokyo :
"Des idées, nous en avons. Ce dont
nous manquons, comme le rapport Nora-Minc le soulignait
justement, c'est la volonté sociale. Le secteur
privé japonais est plus que capable de
développer lui-même les industries de
l'information et des télécommunications. Ce
dont nous avons besoin de la part du gouvernement est la
volonté sociale pour projeter le Japon dans le
prochain siècle" 33.
Plus radicaux sont ceux qui pensent que derrière
l'engouement actuel, on peut se poser la question de
l'intérêt de l'Internet dans une
société qui a toujours possédé
des réseaux d'information que l'on peut qualifier de
naturels et fort efficaces.
Dans une certaine mesure chantre de
l'individualisme, l'Internet est à l'opposé
des traditions de convivialité culturelle japonaise
en matière de communication. Ainsi, ceux qui mettent
en avant - souvent des acteurs américains - les
avantages qu'apporte l'Internet à la prise de
décision des entreprises, par exemple, oublient
quelques facteurs psycho-culturels : on voit mal en effet
comment le système de décision
éminemment consensuel qui prévaut dans toute
entreprise japonaise pourrait s'accommoder d'un mode si
personnalisé 34.
Par ailleurs, l'Internet tend à relativiser la notion
de hiérarchie. Ainsi, les adresses
électroniques renseignent rarement sur les positions
des interlocuteurs au sein de leur organisme. Les forums de
discussion sont très souvent animés par des
personnes s'intéressant aux mêmes sujets mais
aux positions sociales très différentes les
unes des autres. Les termes mêmes des échanges
tendent à être différents de ce qu'ils
sont dans la "vie réelle".
En conséquence, l'interrogation de Miyagawa Shigeru,
professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT),
est particulièrement pertinente :
"Je me demande comment et avec quel
succès la société nipponne, dont la
base est la collectivité, va adopter la notion de
networking. D'une certaine façon, cette
dernière est aux antipodes de la
société japonaise, strictement
hiérarchique, et où la circulation de
l'information est dictée par cette hiérarchie"
35.
D'autres facteurs peuvent jouer à
l'inverse en faveur de l'Internet. Les Japonais étant
parmi les travailleurs des pays les plus riches les plus
présents sur leur lieu de travail
36, ils éprouvent des
difficultés à pouvoir répondre à
des communications téléphoniques lors de leurs
nombreuses heures de présence au bureau. Ils
pourraient considérer de ce fait très
positivement la possibilité d'échanger des
messages électroniques. La discrétion fait
partie des atouts de ce mode de communication.
Conclusion
Le dynamisme entraîné par la
déréglementation mène-t-il à
l'avènement de la société de
l'information promise aux États-Unis tant par les
Démocrates, à commencer par le
vice-président Al Gore, que par les
Républicains, à commencer par le leader de la
Chambre des représentants, Newt Gingrich ?
Dans un premier temps, nous avons constaté que le
concept de déréglementation n'avait pas le
même sens au Japon, où il va plutôt de
pair avec pragmatisme, qu'aux États-Unis, où
il va plutôt de pair avec idéologie.
Ainsi, la privatisation de NTT a été
votée en 1984 par les autorités
législatives japonaises mais, douze ans après,
aucune décision ferme n'a été prise
quant à son statut définitif, ce qui montre
que le temps doit être appréhendé
différemment dans les deux cas et ce qui contribue
à prouver que la politique libérale favorable
à la déréglementation du secteur doit
donc y être envisagée avec un autre regard.
Cette "déréglementation à la japonaise"
des télécommunications, qui favorise
l'émergence de nouveaux biens et services
multimédiatiques, a lieu au moment où la
société est en mutation. Les anciennes
solidarités sociales, notamment la famille et le
travail, sont en phase de redéfinition. Les rapports
intergénérationnels sont moins forts
qu'auparavant. Les enfants essayent d'être
indépendants, en commençant, par exemple, par
quitter le domicile parental plus tôt.
Le travail est également une valeur
dont la cote est en baisse. Bien sûr, le travail
à vie dans la même entreprise existe toujours,
mais bon nombre de jeunes y voient désormais une
contrainte alors que leurs aînés y voyaient un
gage de stabilité 37. Bien
sûr, la plupart des cadres japonais continuent la
pratique du karaoke avec les collègues à la
fin de leur longue journée de travail et partent en
week-end, toujours avec les collègues - et la famille
-, jouer au golf à la campagne. Mais certains d'entre
eux rechignent désormais à ces traditions. Ils
commencent à se tourner vers un mode de vie à
l'occidental, plus individualiste. Cette tendance est
d'ailleurs favorisée par l'augmentation des voyages
à l'étranger, très longtemps
négligeable.
Le développement de ce qui est communément
appelé "la société de l'information"
s'inscrit dans cette mutation de la société.
En conséquence, il sera fort intéressant de
savoir si l'ensemble de ces nouveaux biens et services
seront récupérés et
intégrés - ou abandonnés - en fonction
de la culture traditionnelle japonaise. Ou bien, si une
certaine fascination des jeunes pour l'Occident contribuera
à faire pénétrer les biens et services
multimédia sur le marché plus "à
l'occidentale". De la réponse à cette question
dépendront certaines des conséquences à
moyen terme de la politique menée par les pouvoirs
publics japonais en matière d'autoroutes de
l'information.
Au-delà des pistes que nous avons esquissées,
il est difficile d'en savoir plus dès maintenant.
Pour qu'il y ait de véritables usages sociaux, il est
nécessaire qu'une technologie soit suffisamment
implantée, ce qui entraîne une
récurrence quotidienne et
généralisée d'utilisations. Au Japon,
ce n'est évidemment pas le cas, ni pour l'Internet,
ni pour d'autres applications multimédiatiques.
Mais il est possible dès lors d'affirmer que, tout en
développant des discours et des
expérimentations apparemment proches de ceux des
Américains, les Japonais ne suivent ni la même
dynamique économique, ni la même dynamique
culturelle en matière de NTIC. Ceci devrait faire
méditer les chantres de l'idéologie
libérale et du déterminisme technologique.

Ressources japonaises sur le Web
(sélection)
A noter : ces liens ont été "explorés"
en avril 1997. Toute modification ultérieure des
coordonnées est indépendante de notre
volonté. Par ailleurs, lorsque deux dates ont
été mentionnées, cela signifie qu'en
premier lieu, il s'agit de la date de mise à
disposition de l'information sur l'Internet et qu'en second
lieu, il s'agit de la date de téléchargement
du fichier. Quand il n'y a qu'une date, il s'agit de celle
du téléchargement.
- Center for Global Communications (GLOCOM)
Le GLOCOM étudie l'impact global des NTIC selon
des approches économiques, sociales, et
technologiques.
http://www.glocom.ac.jp
Inforum est un projet du GLOCOM qui a pour objet de
fournir de l'information de qualité sur les
technologies d'information produites ou utilisées au
Japon.
http://ifrm.glocom.ac.jp
- Project for Global Information Issues
Le "Project for Global Information Issues" est un projet
du GLOCOM affilié à l'IUJ (International
University of Japan). Sa mission est de collecter et
d'analyser l'information concernant les politiques
publiques, le droit, les institutions sociales et les
pratiques culturelles qui se développent
parallèlement aux des NTIC.
http://ifrm.glocom.ac.jp/gii/hp.
html
- Information Technology and Communications Policy
Forum of Japan
Groupe d'études qui a pour objectif de guider les
recherches des chercheurs et des décideurs tout en
offrant des propositions d'un point de vue
indépendant. Il se penche entre autres sur les
politiques publiques en matière de NTIC au Japon.
http://ifrm.glocom.ac.jp/i
frm/abt.html#ipf
- Ministry of International Trade and Industry (MITI)
Sur le site du GLOCOM, le MITI rend disponible un certain
nombre de ses documents.
"Program for Advanced Information Infrastructure", mai 1994.
http://www.glocom.a
c.jp/NEWS/MITI-doc.html#100
- Ministry of Posts and Telecommunications (MPT)
La présentation du Ministère des Postes et
des Télécommunications
http://www.mpt.go.jp/
http://www.mpt.go.jp/whats
new/index-e.html
- Les "White Papers" et les "Reports of
Telecommunications Council"
http:/
/www.mpt.go.jp/policyreports/english/papers/index-e.html
- Le "Report on the "Status of Nippon Telegraph and
Telephone Corporation"
http://www.mpt.go.jp/policyreports/english/telecouncil/NTT/Council-N
TTs.html
Nippon Telegraph and Telephone Corporation, Tokyo,
Japan.
La plus grande entreprise de télécommunication
au monde
http://www.ntt.co.jp/index.html
- Plus généralement, l'URL suivante
donne accès à un certain nombre de serveurs
japonais
http://www.ntt.co.jp/SQUAR
E/www-in-JP.html

Notes
1- Nous ne discuterons
pas la pertinence de ce terme, mais parler de
"société de l'information" signifie pour nous
avant tout parler d'une société où de
plus en plus de métiers sont liés aux
échanges de signes. Sans entrer dans le débat
moderne/post-moderne, nous estimons que la
"société de l'information" constitue d'abord
un nouveau mode de développement du système de
l'économie de marché concurrentielle.
2- Ce terme nous semble
contestable, ne serait-ce que parce qu'il aurait tendance
à faire croire, dans une visée
universalisante, qu'il n'y a que des autoroutes et pas de
"chemins de campagne". Or, la réalité est bien
différente. En matière d'accès à
l'information - par exemple aux ressources du World Wide Web
sur l'Internet - les "tuyaux" empruntés sont
très variés allant de la liaison
téléphonique la plus encombrée
jusqu'à la fibre optique la plus performante.
3- Le G7 regroupe les
sept pays les plus industrialisés, à savoir
dans l'ordre alphabétique, l'Allemagne, le Canada,
les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne,
l'Italie et le Japon.
4- Le rapport dit
Bangemann porte le nom du Commissaire européen
à la direction de la DG XIII
(Délégation Générale
chargée des télécommunications). Le
titre officiel du rapport est le suivant : "L'Europe et la
société de l'information planétaire.
Recommandations au Conseil européen".
5- Nous faisons ici
notamment référence aux gourous
américains dont George Gilder ("Y a t-il une vie
après la télé ?", éditions
Dagorno, Paris, 1994) et Alvin Toffler ("Les nouveaux
pouvoirs", éditions Denoël, Paris, 1993).
6- Adam Smith est
considéré comme le fondateur de la science
économique. Ses recherches ont notamment abouti
à la construction d'un modèle
économique, qualifié de classique. Dans ce
modèle, la société est
considérée comme un agrégat de
consommateurs et de producteurs qui s'échangent des
biens et des services dans le cadre d'un lieu,
baptisé marché. L'égalisation entre
l'offre et la demande de biens et de services s'effectue
grâce à la flexibilité des prix.
7- Laboratoire
rattaché à l'Université du
Québec à Montréal (UQAM).
8- Appelé
couramment le Web (W3 en abrégé) ou Toile
d'araignée mondiale en français (TAM).
9- Lançons
l'idée que la possibilité pour des chercheurs
d'intégrer l'information la plus récente dans
leurs réflexions pourrait permettre à ceux-ci
de combler une partie du fossé subsistant entre les
sphère professionnelle et universitaire, qui
obéissent encore pour l'instant à des temps
différents.
10- Les transporteurs
de Type I sont des entreprises de
télécommunications qui offrent des services
grâce à leurs propres circuits. Les
transporteurs de Type II sont des entreprises de
télécommunications autres que les entreprises
de type I. Les services offerts peuvent comprendre des
services de base comme le téléphone et la
télécopie et être fournis au moyen de
circuits loués auprès des transporteurs de
type I.
11- Ces chiffres sont
issus des documents suivants : Ministry of Posts and
Telecommunications, "White Paper, Communications in Japan,
Communications in Japan 1995 (Summary), adresse
électronique Web (URL)
http://www.mpt.go.jp/White-Paper/CommunicationsInJapan1995/contents.html,
mars 1996.
12- Les NCC - Dai Ni
Den Den, Japan Telecom et Teleway Japan - sont les
concurrents de NTT sur les appels interurbains à
l'intérieur du Japon.
13- Japon
Télécom, revue de l'Ambassade de France au
Japon, Tokyo, numéro 5,
septembre-octobre-novembre-décembre 1994.
14- Ministry of Posts
and Telecommunications - Telecommunications Council, Special
Subcommittee on the Status of NTT, "Report on the "Status of
Nippon Telegraph and Telephone Corporation", chapitre 3 :
"The Outline of Second Reform of Info-Communications", mars
1996, adresse électronique Web (URL) :
http://www.mpt.go.jp/Council/summary3.html, mars 1996.
15- D'après le
MPT, "Report on the "Status of Nippon Telegraph and
Telephone Corporation", Chapitre 4 : "The Status of NTT",
mars 1996, adresse électronique Web (URL) :
http://www.mpt.go.jp/Council/summary4.html, mars 1996.
16- Ministry of Posts
and Telecommunications - Telecommunications Council, Special
Subcommittee on the Status of NTT, "Report on the "Status of
Nippon Telegraph and Telephone Corporation", Chapitre 6 :
"Role of government", mars 1996, adresse électronique
Web (URL) : http://www.mpt.go.jp/Council/summary6.html, mars
1996.
17- Tsutura Toshimasa,
"End of the Road for a Regulatory Tradition", in Economic
Eye, Tokyo, automne 1994, page 19.
18- Ce retard par
rapport aux États-Unis est d'ailleurs un diagnostic
largement répandu dans d'autres pays comme le Canada,
la France, l'Allemagne et les autres pays membres de l'Union
européenne.
19- Ieo Iwasaki,
"Multimedia in Japan Today and Tomorrow", in Journal of
Japanese Trade and Industry, Tokyo, numéro 1, 1995,
page 39.
20- "Plugging into
Multimedia", in Focus Japan, Tokyo, volume 21,
numéros 7-8, juillet-août 1994, page 1.
21- Les ordinateurs
devraient être les principaux supports
multimédiatiques interactifs dans les années
à venir au Japon car le secteur des
télécommunications est très dynamique.
En revanche, il est fort improbable que les
téléviseurs deviennent rapidement des supports
multimédiatiques interactifs notamment à cause
du très faible développement de la
câblodistribution. Ceci explique pourquoi nous n'avons
pas abordé ce dernier point dans notre article.
22- "Plugging into
Multimedia", in Focus Japan, Tokyo, volume 21,
numéros 7-8, juillet-août 1994, page 3.
23- Un nom de domaine
est ...
24- structure
fondée conjointement par le MITI et le MPT
rattachée à l'Université internationale
du Japon. Aizu Izumi, "Cultural Impact on Network Evolution
in Japan: Emergence of Netizens", adresse
électronique Web (URL) :
http://www.glocom.ac.jp/Publications/Aizu/nete&c.html,
décembre 1995.
25- N'étant pas
une langue à alphabet, le japonais est plus
éloigné de l'anglais que le français ou
l'allemand.
26- Sur l'ensemble des
sujets abordés ci-dessus, lire Hippo Yasuyuki, Japon
: la réduction du temps de travail, une
révolution culturelle inachevée, in
Futuribles, Paris, numéros 165-166, mai-juin 1992,
pages 111 à 128.
27- Sur ces
données, lire Ambassade de France au Japon, service
culturel, Les loisirs au Japon, documentation à usage
interne, Tokyo, 1992.
28- Aizu Izumi,
"Cultural Impact on Network Evolution in Japan: Emergence of
Netizens", adresse électronique Web (URL) :
http://www.glocom.ac.jp/Publications/Aizu/nete&c.html,
décembre 1995.
29- Kumon Shumei, "A
Japanese Perspective on the Significance of the Information
Revolution", 27 décembre 1995, Adresse
électronique Web (URL) :
http://www.glocom.ac.jp/Publications/Kumon/GII2.html,
février 1996.
30- Izumi Aizu et
Shumei Kumon, tous deux chercheurs au GLOCOM sont
considérés comme les figures
emblématiques du développement de la
cyberculture au Japon (selon Rheingold Howard, "Les
communautés virtuelles", adresse électronique
Web (URL) : http://www.well.com/user/hlr/vcbook/index.html,
décembre 1995.
31- Kumon Shumei, "A
Japanese Perspective on the Significance of the Information
Revolution", 27 décembre 1995, Adresse
électronique Web (URL) :
http://www.glocom.ac.jp/Publications/Kumon/GII2.html,
février 1996.
32- Kumon Shumei, "A
Japanese Perspective on the Significance of the Information
Revolution", 27 décembre 1995, Adresse
électronique Web (URL) :
http://www.glocom.ac.jp/Publications/Kumon/GII2.html,
février 1996.
33- Tsukio Yoshio,
"Down The Information Super-Highway", in Look Japan, janvier
1995, volume 40, numéro 466, page 16.
34- Arnaud
Régis, "Multimédia : Internet au Japon", in
Japon-Télécom, Tokyo, numéro 6,
janvier-mars 1995.
35- Extrait de Shigeru
Miyagawa, professeur au Massachusetts Institute of
Technology (MIT) dans Lessart Dany, L'Internet, nouveau
vaisseau noir ?, in Japon Télécom, Tokyo,
numéro 8, juillet-août-septembre 1995, page
12.
36- Ceci ne signifie
pas pour autant qu'ils travaillent plus. La
productivité du cadre japonais est
considérée comme de 20% environ plus faible
que celle de son homologue occidental d'après les
syndicats du pays (George Eric, Vidal Geneviève, Le
nouveau marché des loisirs : formations et emplois,
rapport pour le Ministère de la Jeunesse et des
Sports, Paris, 1994)
37- Les entreprises y
trouvent aussi leur compte car la diminution du "travail
à vie" favorise une augmentation de la
flexibilité du travail.


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