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The Simpsons ou la
délinquance domestiquée
La série télévisée The
Simpsons constitue un fascinant objet d'analyse pour qui
garde l'oeil rivé sur les productions mass
médiatiques remportant la faveur populaire. Bien
qu'il s'agisse d'une série en dessins animés,
genre généralement peu apte à remporter
la faveur soutenue du public aux heures de grande
écoute (prime time ), The Simpsons
recueille un auditoire large et fidèle. Les adultes
trouvent de quoi se mettre sous la dent par le biais d'une
satire savamment dosée, qui donne à la
série une allure joyeusement subversive.
Mais cette subversion existe-t-elle réellement? Et si
oui, où réside-t-elle au sein de la
série et quelle en est la nature? Prises au sens
large, ces questions trouveraient difficilement
réponses dans le cadre limité du
présent travail d'analyse. Toutefois, en concentrant
notre attention sur le personnage incarnant plus que tout
autre le volet "subversif" de la série, il est
possible de dégager certains mécanismes
internes qui créent cette impression de subversion.
Ce personnage de "révolutionnaire" n'est nul autre
que le jeune Bart Simpson, figure de proue du marchandisage
simpsonesque et objet privilégié de
l'attention médiatique accordée à la
série, initialement du moins.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il apparaît
opportun de recontextualiser brièvement l'apparition
de The Simpsons en tant que série
animée diffusée en prime time
(condition non négligeable de son succès
actuel), ainsi que la stratégie qui l'a
suscitée en premier lieu. Il devient alors possible
de distinguer la part novatrice de la série des
traits qu'elle emprunte aux séries pionnières
qui l'ont précédée.
Le dessin
animé télévisuel et le public
adulte
La première série animée
expressément créée pour la
télévision, Crusader Rabbit (1949),
s'adressait a priori à un public enfantin. Elle se
frottait aux cartoons issus des studios hollywoodiens, qui
occupaient jusqu'alors le petit écran. Comme le fonds
des studios avait été
télédiffusé à maintes reprises,
Crusader Rabbit répondait à une demande
sans cesse croissante pour des produits animés
télévisuels.
À l'été 1956, le CBS Cartoon
Theatre, animé par Dick Van Dyke, devint la
première série diffusée en prime
timeà inclure de l'animation. Entre 1958 et 1963,
les studios Hanna-Barbera produisirent une enfilade de
séries qui imposèrent la formule de
l'émission d'une demi-heure entièrement
animée: ce furent Huckleberry Hound, Quick Draw Mc
Graw, Yogi Bear et enfin la plus célèbre,
The Flintstones.
Cette dernière fut diffusée initialement au
réseau ABC de 20h30 à 21h00 (de septembre 1960
à sept. 1963), puis de 19h30 à 20h00 (de sept.
1963 à sept. 1966). La série
déménagea ensuite chez NBC, qui la programma
en matinée. The Flintstones reprenait à
son compte la formule du sitcom, ou "comédie
de situation", s'inspirant largement des Honeymooners,
grand succès de l'humour télévisuel
américain des années cinquante.
L'émission était également tributaire
des courts métrages animés produits pour le
cinéma par la Warner à cette même
époque: The Honey Mousers (1956, Robert
McKimson), dont la cible parodique est explicite, mais aussi
The Mouse That Jack Built (1959, Robert McKimson)
auquel Jack Benny prêta sa voix et son physique. Ce
procédé, qui associe la voix d'une
personnalité du spectacle à sa caricature
animée, servit également la série
The Flintstones dans laquelle Ann-Margret et Tony
Curtis prêtèrent leur voix à leur
homologue dessiné. L'idée sera
réutilisée abondamment dans The
Simpsons.
Malgré l'attrait notable
des Flintstone sur les adultes, la série atteignait
un public encore largement dominé par les adolescents
et les moins de douze ans. Les soupçons des
responsables de la programmation, selon lesquels l'animation
se destinait d'abord à un public enfantin ou au mieux
juvénile, se voyaient ainsi confirmés. En
dépit de cette réserve, onze séries
tentèrent de s'imposer en prime time de 1960
à 1966. Quatre seulement réussirent à
tenir plus d'une saison; huit d'entre elles durent
être reprogrammées en matinée
(1).
Ainsi s'explique sans doute la réticence des
réseaux à programmer des séries
animées hors du carcan lucratif des samedis matin
destinés aux seuls enfants. De même, cette
situation rend compréhensible l'instauration
graduelle de la série The Simpsons par la Fox
Broadcasting Corporation (réseau diffusant sur le
câble et rejoignant environ 80% de foyers
américains). D'abord rodée sous forme de
courts segments interrompant une émission
humoristique en prises de vues réelles, The Tracey
Ullman Show, la série s'amorce pleinement en
janvier 1990, avec la diffusion d'une première saison
de 13 demi-heures hebdomadaires. Le succès est
immédiat et énorme. La retransmission des
épisodes au Canada ne tarde pas, tant en version
originale qu'en version québécoise.
Outre les éléments de contexte familial
légués par les sitcoms et les
caricatures animées sonores dont l'histoire remonte
aux années trente, les Simpson s'approprient le legs,
jusqu'alors sous-exploité en animation
télé, des magazines américains
parodiques, voire satiriques, se situant plus ou moins dans
la lignée de Mad (créé en 1952):
Cracked, Crazy et Sick pour les plus jeunes,
Help et le National Lampoon pour les autres.
Parfois corrosifs dans le traitement qu'ils accordaient
à la culture télévisuelle, ces
magazines combinaient souvent un regard critique sur les
motivations cachées de la société de
consommation avec une habilité mimétique
redoutable, empruntant à l'objet critiqué ses
codes communicationnels pour mieux en miner les
significations. The Simpsons systématise cette
approche dans son traitement de la réalité
médiatique entourant ses protagonistes.
La présente analyse s'appuie sur l'examen
détaillé d'un corpus de dix épisodes de
la série, en version originale américaine
(dont le résumé constitue l'annexe A :
Corpus des épisodes
analysés de ce document), ainsi que d'un
onzième épisode dont la thématique
sous-jacente est approfondie en troisième partie
(L'anti-Bart et l'utopie Itchy &
Scratchy ). De plus, une vingtaine d'autres
épisodes originaux ou traduits ont été
visionnés; certains éléments de cette
mine "simpsonienne" se sont ajoutés aux
détails déjà prélevés
dans le corpus proprement dit. Les références
directes à des épisodes du corpus, entre
parenthèses par exemple:
(é5), renvoient en hyperlien
à leur place dans l'annexe A.
L'univers des
Simpson
Les Simpson, famille nucléaire nouveau genre, gravite
autour de l'atome paternel incarné par Homer J.
Simpson, âgé de 35 ans. Parfait working class
zero, avec sa ceinture de gras et sa calvitie
précoce, Homer apparaît comme un mélange
de voisin gonflable et d'employé
dégonflé. Modèle de l'employé
aliéné, Homer revient du travail pour se
raccorder au cordon ombilical de sa télé, se
gavant de junk food tout en abandonnant ce qui lui reste de
cervelle aux séductions des commerciaux. Si jamais
ses deux belles-soeurs passent chez lui pour y projeter
leurs diapositives de voyage, il ira prendre un pot chez son
copain Moe, propriétaire de la taverne locale.
Aux côtés d'Homer, nous trouvons Marge, avec sa
toison bleue distinctive, féministe
résignée à une vie de famille
banlieusarde, mais néanmoins heureuse avec sa
marmaille colorée et son abruti de mari. Signalons au
passage qu'Homer et Marge se sont mariés quand
celle-ci était enceinte. Nous pouvons ainsi constater
les changements dans les moeurs qui séparent les
Simpson des Flintstone: la fille des Flintstone, Pebbles,
est née durant la troisième saison de la
série (après un battage considérable).
Fred et Wilma étaient alors mariés depuis
belle lurette.
Quant aux enfants des Simpson, ils sont au nombre de trois:
Bart, 10 ans, sur lequel nous reviendrons longuement; Lisa,
8 ans, dont la personnalité sera examinée en
relation avec celle de l'aîné; enfin Maggie,
âgée d'un an environ, perpétuellement
occupée à triturer une suce et dont le
rôle actif est généralement
marginal.
L'action
se déroule à Springfield
(2), ville-dortoir
américaine par excellence, dont la centrale
nucléaire (en désuétude) est le coeur
industriel. Les thèmes qui animent la série
s'inspirent de la suite d'obligations et de loisirs
familiaux que suppose une telle structure urbaine: un
barbecue entre voisins, les fêtes d'anniversaires
(é2 et
é5,) les fêtes de Noël
et de l'Halloween, les événements quotidiens
à domicile, à l'école ou sur les lieux
de travail, les visites à la maison de
retraités, les courses au dépanneur...
L'élément déclencheur de la machine
narrative est souvent un changement dans le statut social
d'un personnage survenant à la suite d'une chance ou
d'un effort volontaire. Quelques exemples:
- le voisin, Ned Flanders, se
lance dans le commerce (é1);
- Homer devient, par la plus bête des chances, le
héros de l'usine (é2);
- la taverne de Moe devient le lieu à la mode,
où beaucoup d'argent se dépense
(é4);
- Bart obtient une place de barman dans le tripot favori de
la pègre locale (é6);
- les rôles habituels de Bart et de Lisa sont
inversés (é7);
- Otto, le chauffeur de l'autobus scolaire, se fait retirer
le permis qu'il n'a jamais eu (!)
(é9);
- Marge obtient un rôle dans une comédie
musicale (é10).
Parmi les autres événements susceptibles de
déclencher l'action: un accident ou la menace d'un
accident, réel ou imaginé (séquences
oniriques fréquentes) ou encore une brouille entre
deux personnages (é2,
é4 et
é8).
Dans le déroulement de ces incidents, une constante:
la médiatisation des événements,
surtout par le biais de la télévision et de la
presse écrite (3).
En plus de remplir une fonction
satirique propre au format usuel de la série, ce
procédé ajoute une dimension de
"crédibilité environnementale" au milieu dans
lequel évoluent les personnages, la présence
des médias étant devenue une donnée
essentielle de la vie de l'Américain moyen vivant
dans une zone urbaine.
Parmi les personnalités et les supports qui
entretiennent cette médiatisation: Krusty the Klown,
vedette de télévision et figure de proue d'un
véritable empire de la bebelle; Kent Brockman,
présentateur du journal télévisé
Eye on Springfield; Troy McClure, l'éternel has been
(ringard) du showbiz, qui anime tout ce que Springfield
compte de galas et de vidéos éducatifs; the
Springfield Shopper, la gazette locale. On peut aussi
ajouter à cet univers médiatique de multiples
éléments ponctuels: magazines divers,
quotidien US of A Today, photos sur les murs, dictionnaire
(é2), émission radiophonique
religieuse (é3),
céréales Jackie O's (free stretch pants inside
)... La similitude de ces artefacts avec ceux que nous
côtoyons dans la réalité intensifie la
vraisemblance et donc la catharsis instiguée par les
épisodes.
La socialisation
parentale
Un travail de dynamitage par la satire donc, qui accommode
toutefois largement un tissu narratif ordonné
à partir du petit théâtre familial et
des tensions dynamiques émanant des positions
complémentaires auxquelles se subordonnent les
protagonistes.
Les potentialités de transgression inhérentes
à ce monde fictionnel, où les abus
médiatiques semblent légitimer toutes les
audaces et rejeter tous les scrupules, ces
potentialités sont tour à tour
magnifiées puis neutralisées par le filtre
parental. La menace délinquante de Bart se heurte au
processus de normalisation sociale intégré et
incarné par ses parents; elle est également
"élimée" par son voisinage avec la
déviance banalisée du père.
C'est que le père incarne le pôle mou de la
normalisation, frisant lui-même de près des
attitudes asociales plus ou moins affirmées. À
de nombreuses reprises, il s'avère encore plus enfant
que son fils; il fuit sans relâche les
responsabilités et il réagit impulsivement
à toute sollicitation publicitaire faisant appel
à ses désirs souverains de paresse, de confort
et de gourmandise. En fait, il personnifie à lui seul
les sept péchés capitaux; il n'est pas rare
qu'un épisode se boucle avec le rachat d'Homer pour
compenser une action cupide commise en début de
récit.
Le père fait preuve à l'égard du fils
d'un laxisme confondant, le réprimandant d'abord pour
ensuite laisser place à une indulgence nigaude. Il
enrôle Bart dans une classe d'initiation aux arts
martiaux (é1), puis omet de
s'assurer qu'il n'escamote pas de leçons. Il convie
Bart à regarder la télé avec lui,
plutôt que de l'encourager à maîtriser
son nouveau jouet, une coûteuse guitare
électrique (é9). Nous
verrons plus loin que lorsque le père assume
pleinement la charge socialisante, le geste est suffisament
exceptionnel pour surgir durant un épisode atypique
sur de nombreux points.
La mère, quant à elle, incarne le pôle
dur de la normalisation vis-à-vis de Bart: elle fait
sentir le poids de son autorité morale dans bon
nombre de situations où son fils est tenté par
la délinquance. Si cette rectitude maternelle agace
parfois Bart, il peut d'autre part compter sur Marge pour
lui prodiguer réconfort et appui lorsqu'il se trouve
découragé devant les aléas de
l'existence.
Afin d'illustrer la dualité de cette relation entre
la mère et le fils, quelques situations types:
- autorité morale: Marge désapprouve le fait
que Bart soit barman et considère louche que ses
patrons lui paient un bel habit neuf, soupçonnant des
activités illégales
(é6); elle cite la Bible pour
convaincre Homer d'héberger Otto dans le garage,
à la demande de Bart (é9);
elle réagit mal (tout comme Lisa) à la mise en
scène à laquelle doit se prêter Bart
pour satisfaire leur avocat en cour, considérant que
ce geste est malhonnète;
- appui moral: elle raccomode le lien entre Bart et son ami
Milhouse en rencontrant la mère de ce dernier
(é2); elle convainc un Bart
sceptique que le micro offert par son père comme
cadeau d'anniversaire est vraiment amusant
(é5); elle recommande à
Homer d'acheter la guitare électrique dont Bart a
envie (é9).
Si la polarité père/mère se fait jour
si nettement, opposant la velléité d'Homer
à la détermination de Marge, c'est bien
sûr parce qu'elle est mise en relief par les
agissements de Bart, sa fougue délurée et son
irrévérence à l'égard de
l'autorité. Ils sont les tuteurs parfois maladroits
d'un anarchiste aux rêves utopiques.
L'univers de Bart:
Anatomie d'un anarchiste impubère
Bart représente l'un des avatars contemporains de la
longue lignée d'anarchistes juvéniles
dessinés qui sévissent dans la culture
populaire depuis le XIXe siècle, à commencer
par le tandem Max und Moritz de Wilhelm Busch, suivi de
filiations américaines allant du Buster Brown de R.
F. Outcault (4),
au début du siècle,
au récent Calvin (Calvin & Hobbes ) de Bill
Watterson, dont la psychologie voisine sensiblement celle de
Bart.
Bart assume donc les fonctions d'un archétype de
rébellion juvénile, pour lequel la remise en
question de l'ordre établi est une donnée
intrinsèque (son nom lui-même est un anagramme
de brat, soit gosse, gamin). L'éternel kid, en somme,
dont la philosophie à rebrousse-poil va de soi. Mais
les créateurs de la série vont plus loin
encore et investissent Bart de traits qui flirtent avec les
aboutissants politiques extrêmes de cette remise en
question, comme pour imploser l'équation banale qui
voudrait que toutes les espiègleries de l'enfance ne
puissent porter à conséquence.
Ainsi, Bart fait preuve d'une joie manifeste quand le
frère d'Homer lui remet une carte de membre à
vie de la National Rifle Association, dont le lobby
extrêmement influent lutte contre le contrôle de
la vente des armes à feu. Bart est ravi de se voir
confier la tâche de brigadier à l'école
et s'y applique avec le zèle d'une chemise brune
débridée; il s'imagine d'ailleurs dans la peau
d'un policier lorsqu'il sera adulte. Une graine de fascisme
couve donc sous la révolte; une attirance latente
pour l'autorité, le pouvoir et leurs attributs, qui
charge le personnage d'une ambiguïté
malaisée.
Ambiguïté, parce que paradoxalement, Bart assume
aussi le masque d'un anarchisme instinctif, qui guide
toutefois plus souvent ses pensées que ses actions.
Plutôt que de s'imaginer Bart partie prenante de la
bande à Baader, par exemple, il conviendrait de voir
en lui un Bakounine en culottes courtes, la conscience
sociale en moins.
La pensée anarchiste de Bart s'exprime via les
phrases qu'il doit copier sur le tableau noir, en guise de
punition, durant le prélude aux épisodes.
Quelques exemples:
- I Will Not Instigate Revolution [Je n'inciterai pas
à la Révolution];
- I Will Not Sell School Property [Je ne vendrai pas la
propriété de l'école];
- High explosives and school don't mix
(é6) [Explosifs dangereux et
école ne se mélangent pas];
- I Will Not Belch The National Anthem [Je ne roterai pas
l'hymne national];
- I Will Not Make Flatulent Noises In Class [Je ne ferai pas
de bruits de pets en classe].
Ces inscriptions au tableau, sous forme de manifeste
subversif "en négatif", révèlent
l'ampleur virtuelle des frasques de Bart: en fait, il est
contraint à renoncer d'entrée de jeu à
ses impulsions les plus "extrèmes". Nous assistons
rarement aux frasques qui méritent à Bart
d'être retenu après la classe: les phrases
qu'il copie semblent être des suggestions de scenarii
insuffisantes, trop redoutables ou trop controversées
pour faire l'objet d'épisodes entiers.
Qu'est-ce qui amuse
Bart?
Pour mieux comprendre les enthousiasmes de Bart, il convient
de noter ses goûts et ses aspirations ainsi que les
sphères d'intérêts où ils se
situent; en voici un survol. ·
Divertissements:
- rigoler avecThe Itchy & Scratchy Show;
- consommer tout ce qui concerne Krusty the Klown, de son
émission de télé (Bart paie 8$ pour
voir son nom défiler à l'écran, durant
une fraction de seconde, dans la liste répertoriant
les anniversaires des amis de Krusty)
(é5), à ses gadgets, ses
céréales et ses hamburgers;
- s'amuser avec les jeux vidéo, par exemple Touch of
Death (gore ) et Larry the Looter (voleur skinhead);
- rire de sa soeur et de son amie avec son copain Milhouse
(é5); - effectuer une visite dans
une usine de chocolat (visite qu'il rate --
é6);
- imaginer sa prof sous une forme extra-terrestre
(é7);
- se procurer un comic-book à 100$ (Radioactive Man
#1 -- il comprend en le voyant quelle est sa raison
d'être sur Terre...);
- poser des questions embarassantes (devant ses parents,
à sa prof, à des personnalités).
· Activités physiques:
- pratiquer le head bashing -- collisions tête contre
tête -- avec Milhouse durant un concert rock (son
premier show rock -- é9);
- se balader en planche à roulettes
(pré-générique);
- enfiler le dentier du grand-père pour faire rire
Lisa et s'accrocher par la bouche au ventilateur du plafond;
faire fondre une figurine de plastique dans le micro-ondes,
jouer l'air de Jingle Bells en piochant sur des sachets de
moutarde; arracher le tapis du plancher...
(é11)
· Attitudes enviées aux adultes:
- jouer de la guitare électrique, comme Otto, le
rocker cool qui conduit l'autobus scolaire et qui dessine
aussi un projet de comic-book (Busman ) dans ses temps
libres;
- «fumer une cigarette, utiliser une fausse carte
d'identité, me raser un blasphème sur la
tête» («shave a swear word on my head »
-- é5);
- devenir une rock star décadente...
«Wow...» (é9)
Grosso modo, nous pouvons conclure que Bart poursuit
avidement toute activité de divertissement qui
implique peu d'efforts, l'activité physique se
limitant chez lui au strict nécessaire. Bart n'est
pas précisément un sportif (tel père
tel fils!). Il cultive toutefois passionnément son
imaginaire, dont les robots, les mutants et les
extra-terrestres occupent une large part. Moins son
attention est interpellée par des besognes
pragmatiques, mieux il se porte. Et surtout, il a en horreur
tout ce qu'il perçoit comme straight, square, commun
et banal. Son credo pourrait être: Born to be cool,
man!
Une
délinquance relative
La distanciation que prend Bart face à ce qu'il
pressent comme "quétaine" ou dépassé,
devient évidente lorsqu'il côtoie les
personnages secondaires représentant, dans la
série, la conformité la plus opaque. Les fils
Flanders, gavés de religion à tire-larigot,
paraissent bien blêmes vis-à-vis de l'esprit
farouchement indépendant de Bart. Et Martin, ami
occasionnel et de circonstance de Bart, soulève les
bâillements des spectateurs lorsqu'il occupe
l'écran plus de deux secondes.
Dans la première ébauche conceptuelle des
Simpson, le personnage de Bart s'apparentait davantage au
modèle du jeune casse-pieds brillant, que
l'éloquence et la curiosité insatiable rendent
plus captivant que la moyenne des adultes gravitant autour
de lui (5).
Cette approche a
été modifiée pour laisser de la place
à des parents "moins-que-parfaits" et gagner de la
sympathie pour Bart, malgré ses agaceries, puisqu'un
cancre (underachiever 6)
impertinent est plus susceptible
d'emporter l'adhésion populaire qu'un prodige
autosuffisant.
Bien qu'il se soit dévergondé au fil du temps,
Bart est tout de même demeuré en
deçà des bornes de la délinquance, du
moins si on le compare à Jimbo, Kearny et Dolph, les
trois vauriens qui usent de force pour dominer la cour de
l'école et qui chapardent régulièrement
au dépanneur. Tout au plus, Bart commetra-t-il
occasionnellement l'écart de baisser son froc pour
s'exhiber le postérieur, symbole international des
iconoclastes railleurs.
Avant d'examiner avec plus de détails un
épisode singulier, où les ravages devenus
excessifs de Bart seront réprimés fermement,
soulignons un dernier trait de caractère
révélateur: l'attitude de Bart envers les
femmes et la sexualité. Lorsque son ami Milhouse se
fait une petite amie d'une nouvelle arrivée en classe
(é8), Bart est furieusement jaloux.
Non seulement est-il délaissé par son meilleur
ami, mais il ne peut blairer les filles de son âge
(lorsqu'il sera séduit à son tour, ce sera par
une adolescente de quelques années son
aînée). Un magazine rapportant les "propos" des
Simpson lui attribue même la déclaration
suivante: «I don't like girls. They don't like
me.7»
Pourtant, Bart ne dédaigne pas de se rincer l'oeil
avec des "T&A" aperçus à la
télé (abréviation de tits and ass --
é4) et nous l'apercevons durant un
pré-générique écrire au tableau
«I Will Not Draw Naked Ladies In Class » (je ne
dessinerai pas de femmes nues en classe). En somme, Bart ne
peut souffrir "les filles" -- sa soeur Lisa et ses amies --
mais son intérêt devient quasiment lubrique
quand il s'agit de femmes adultes. Par contre, s'il s'agit
de la mécanique sexuelle proprement dite, telle
qu'illustrée par des lapins dans un vidéo
éducatif (é8), il devient
soudain le puritain de service et déclare:
«Grossier!»
L'anti-Bart et l'utopie Itchy &
Scratchy
Nous résumions plus tôt l'essence de Bart par
la formule lapidaire «un anarchiste aux rêves
utopiques». Il est temps ici d'expliciter la
deuxième moitié de cet énoncé,
en passant d'abord par le résumé et
l'observation d'un épisode qui exacerbe puis
contrecarre les tendances anarchistes de Bart et qui
représente l'antithèse de la
permissivité parentale bonasse coutumière.
Nous débouchons sur une sorte d'anti-Bart, où
la subversion et sa répression se jouent avec une
virulence plus marquée.
Titre (d'après le tableau visible en
pré-générique): I will not bury the new
kid
C'est la soirée des parents à l'école.
Marge et Homer confient les enfants au grand-père
paternel. L'institutrice de Lisa complimente Homer sur sa
fille, pendant que Marge subit la rancoeur de l'institutrice
de Bart. Celle-ci lui recommande, ainsi qu'à Homer,
de punir Bart lorsque celui-ci fait un mauvais coup (un
montage parallèle permet au
téléspectateur de constater que Bart fait
justement des siennes au même moment). En arrivant
à la maison, Marge tente de punir Bart pour les
dégâts commis en leur absence mais Homer
choisit plutôt de lui offrir un cadeau!
Bart continue ses élans vandales, qui sont de plus en
plus salissants et qui ont de moins en moins de sens.
Lorsqu'il néglige de surveiller Maggie, la plus
jeune, Homer sévit et interdit à Bart d'aller
à la première du Itchy & Scratchy Movie,
annoncée avec un tapage publicitaire
étourdissant. L'épisode se termine sur une
note spéculative, avec Bart et Homer qui voient
finalement le film ensemble, 40 ans plus tard...
Première caractéristique distinctive:
l'épisode porte spécifiquement sur la
déviance de Bart et sur l'ultime canonisation de ses
héros favoris, Itchy la souris et Scratchy le chat,
dans un long métrage dont le succès à
Springfield excède de loin les chances réelles
d'un tel film au box-office: il tient l'affiche durant un an
tout en contenant 70% de matériel déjà
vu à la télé!
Deuxième caractéristique: Homer et Marge
estiment qu'en matant Bart sans tarder, un avenir prometteur
l'attend comme juge à la Cour Suprême des
États-Unis, espoir confirmé dans la
séquence spéculative de la fin. Jamais la
barre n'avait été mise si haute pour la future
carrière de Bart, mais jamais non plus
n'était-elle tombée si bas: dans le même
épisode, Marge s'imagine avec horreur un Bart adulte
devenu un danseur nu pitoyable.
Troisième caractéristique: Homer ne revient
pas lâchement sur sa décision, bien qu'il sache
combien le Itchy & Scratchy Movie compte dans la vie
émotive et sociale de son fils.
Ce qui paraît avoir joué de façon
décisive ici, c'est la totale gratuité des
égarements de brise-fer de Bart. Ce comportement
injustifié nous livre Bart à son plus
nihiliste, à tel point qu'il nous semble n'être
plus qu'un zombie destructeur, sans motivation apparente. La
glorification parallèle de Itchy et Scratchy n'est
pas accidentelle: nous nous trouvons devant une
transmutation bidirectionnelle, dans laquelle Bart affecte
grossièrement les attitudes de Itchy et Scratchy
alors que ces derniers calquent, via leur long
métrage, le succès que les Simpson obtiennent
dans le monde réel. Le cartoon dans le dessin
animé occulte momentanément la fiction qui l'a
vu naître.
L'utopie Itchy et Scratchy, c'est
le rêve inaccessible de Bart: obéir
spontanément à toutes ses impulsions sans
jamais avoir à en assumer les conséquences.
Itchy et Scratchy, cartoon dans le cartoon, renforcent la
"réalité" de Bart: leurs mésaventures
sont si grotesques qu'elles confèrent aux Simpson la
densité romanesque d'un Dostoïevski
(8). Scratchy,
brûlé/estropié/mutilé/mitraillé/déc
apité
par Itchy, démontre par l'absurde la relative
innocence de Bart, dont les diableries semblent bien
modérées en comparaison. [Leurs apparitions se
méritent l'annexe B: The Itchy & Scratchy Show.
]
Ainsi, la série se dote d'un dispositif où la
pulsion anarchique de Bart investit des personnages
secondaires qui la contiennent et la réinvestissent
au besoin. Quand vient le moment de montrer aux
téléspectateurs combien les Simpson peuvent
être "subversifs", Itchy et Scratchy reviennent faire
un tour de piste pour pousser l'audace un peu plus loin,
préservant de la sorte l'implication émotive
savamment échafaudée autour de la famille.
En avant-dernière partie, nous focaliserons notre
attention sur l'élément normalisateur le plus
proche de la réalité juvénile
vécue par Bart: sa soeur Lisa, modèle de vertu
et de responsabilité, rôle qui n'exclut pas
pour autant une complicité occasionnelle dans les
astuces complotées par son fraternel.
Bart vs Lisa ou le miroir
réformateur
Lisa Simpson a si bien intégré le sens des
responsabilités qu'elle peut se permettre de faire
des remontrances à ses parents sur leur manque de
civisme, de fierté ou d'autorité morale. D'une
droiture finalement agaçante, Lisa occupe une niche
parfaitement complémentaire à celle de Bart,
tempérant ses excès et partageant fortuitement
ses moqueries à l'égard des adultes. Leur
grand point de ralliement: rire des pitreries de Itchy et
Scratchy!
Dans cette escrime consanguine, la déviance et la
socialisation se heurtent constamment. Bart menace Lisa avec
le redoutable Touch of Death, toucher présumé
mortel que Bart a improvisé à partir d'un jeu
vidéo. Pendant que Bart se délecte des
aventures atomiques de Radioactive Man, Lisa assouvit sa
soif de lecture avec le Non Threatening Boys Magazine. Bart
s'écorche les doigts à jouer (mal) de sa
guitare électrique, alors que Lisa exécute des
solos en virtuose sur son saxophone (rock vs jazz). Lisa
sermonne Bart lorsqu'elle découvre qu'il se paie la
tête des habitants de Springfield avec le mythe du
misérable Timmy O'Toole tombé dans le
puits.
La convention qui régit leurs agissements est si
forte qu'il suffit d'une inversion de leur rôle pour
qu'émerge un effet comique repoussoir. L'attitude
cinglante de Bart, transférée à Lisa,
l'intellectuelle de la famille, produit tout naturellement
une Lisa Simpson hybride (é7).
D'une sophistication caustique, celle-ci reprend tout
naturellement la légendaire réplique de Marlon
Brando dans The Wild One (1953, Laslo Benedek) film phare
sur les délinquants juvéniles: à la
question surannée du flic local, «What are you
rebelling against? », le motard Brando répond,
avec un cool imperturbable: «Whattaya got? »
Lisa vient donc tempérer, d'un angle opposé,
les possibles excès de la "révolution
bartienne", couvrant des bases que leurs parents ne
soupçonnent pas toujours (agissements en catimini de
Bart, à l'école ou ailleurs), pareille
à une espionne parentale qui serait aussi un agent
double. Elle agit comme un miroir réformateur, qui
conserve l'essentiel du charme juvénile de Bart tout
en lui substituant des traits plus volontiers
entérinés par la société. Le
côté "casse-pieds brillant" dont Bart
était affublé à ses débuts a
échoué sur les épaules de Lisa, qui
complète l'arsenal des enfants face aux avanies
adultes, le culot et la sagacité des jeunes
l'emportant sur l'indigence des parents.
Une révolte naine
Au terme de cet examen sommaire de la place et de la nature
de la subversion dans la série The Simpsons, via le
personnage de Bart et son univers, une courte
synthèse est de mise. Oui, Bart commet bel et bien
des transgressions au bon goût et à la morale
bourgeoise; non, ces attaques ne représentent pas un
travail de sape cohérent et homogène. La
machine narrative se sert des perturbations de Bart comme
carburant pour avancer une conclusion morale, tout en se
complaisant, chemin faisant, dans les affects humoristiques
que provoquent les dites perturbations dans leur
sillage.
Bart est la figure de proue d'une révolte naine; ses
quatre cents coups introduisent ou se greffent à
différentes situations, au traitement parodique ou
satirique. C'est ce traitement particulier qui est le
véritable véhicule d'une critique sociale
sauvage. L'émission The Simpsons demeure tout aussi
drôle et "subversive" sans la présence de Bart
(il suffit de voir l'épisode 4 pour
s'en convaincre). Cependant, sans Bart, il ne s'agirait plus
de la même entité fictionnelle, car The
Simpsons est une série qui émane d'abord de la
famille et de ses dynamiques internes; elle greffe ensuite
à ce cadre un univers qui permet de mettre à
jour les lubies de chacun. Les outrances médiatiques
font les frais de la satire bien davantage que les
activités familiales banlieusardes.
Bart devient provocant quand il
frise des attitudes extrêmes, d'un pôle
politique à l'autre, du fascisme à l'anarchie.
C'est une astuce scénaristique que les auteurs de la
série utilisent avec parcimonie, car cet
extrémisme, s'il se cristallisait, pourrait entacher
l'image publique de leur poulain aux oeufs d'or. Un
responsable de la série affirmait d'ailleurs en
entrevue que les Simpson ne pouvaient abriter de "mauvaises"
pensées (9). Heureusement
que les scénaristes, eux, le peuvent: nous pourrons
ainsi continuer à rire des carnages de Itchy et
Scratchy en songeant (comme Bart?) aux Simpson qui auraient
pu être.
Il serait bien sûr possible d'examiner de plus
près la critique des médias, qui occupe une
bonne part du temps écran dans The Simpsons. De plus,
un portrait vraiment exhaustif de Bart devrait tenir compte
de son évolution depuis les sketches
présentés durant The Tracey Ullman Show en
passant par tous les épisodes subséquents. Ce
matériel ne nous étant que partiellement
disponible, nous osons espérer ne pas avoir
présenté ici un portrait abusivement
tronqué.
La place des Simpson dans la cosmologie du dessin
animé télévisuel mériterait
également une évaluation plus fouillée;
nous avons voulu fournir, tout au plus, des
éléments historiques auxquels rattacher des
caractéristiques saillantes de la série. La
longévité et le succès persistant de
The Simpsons constituent une invitation à un travail
d'envergure, qui mettrait plus exhaustivement à jour
ses stratégies thématiques, narratives et
formelles. Sans oublier le sort qui est
réservé à la "subversion" dans
l'ensemble de cet univers télévisuel
particulier.

Merci!
À M. Philippe Sohet d'avoir permis la
réalisation de ce travail dans le cadre d'un cours de
baccalauréat.
À M. Daniel Legault, qui m'a fourni dans les pages de
VO/Vie Ouvrière (no 240, jan.-fév. 1993)
l'opportunité d'entamer une première approche
de la série avec un biais de recherche sensiblement
différent: la présentation d'Homer doit
beaucoup à ce texte préalable.

Notes
1.
Signalons, parmi les mieux connues, The Bullwinkle Show
(première saison de sept. 1961 à sept. 1962
à NBC, de 19h00 à 19h30) dont le revival par
le biais des vidéocassettes ne tient pas qu'un peu au
phénomène Simpsons, ainsi que The Famous
Adventures of Mr. Magoo (d'abord diffusé de sept.
à déc. 1964, entre 20h00 et 21h00 puis de jan.
à août 1965, entre 20h30 et 21h30, toujours
à NBC).
2.
Incidemment, le même nom que porte la ville où
se déroule Father Knows Best, archétype des
sitcoms américains bien-pensants dont les Simpson
prennent le contre-pied.
3. Quelques
événements médiatisés
remarqués au cours des épisodes: Homer devenu
mascotte au base-ball, le canular Timmy O'Toole
concocté par Bart (é5), le reportage
télévisé sur le Itchy & Scratchy
Movie (é "anti-Bart") et la flambée de
popularité du Flaming Moe (é4).
4.
Héritage ou pure coïncidence: l'épiderme
de Bart n'évoque-t-il pas étrangement le
Yellow Kid (du même R. F. Outcault), personnage dont
le vêtement était jaune? C'est le Yellow Kid
qui a inspiré l'appellation de yellow journalism,
forme de presse dont la descendance médiatique figure
largement dans The Simpsons.
5. «Bart used to be a total
egghead. [...] As he developed, Bart became more
mischievous. » David Silverman, directeur de
l'animation chez Klasky-Csupo, in Simpsons Illustrated, no
1, pp. 24-27.
6.
Rappelons le slogan énoncé par Bart sur un
t-shirt devenu célèbre: «Under-achiever
and proud of it, man! »
7. In
Rolling Stone, no 581, 28 juin 1990, p. 42.
8. Cette différence de
réalité n'interdit pas aux Simpson de se jouer
des conventions des dessins animés à leur
tour: Lisa, en feuilletant un magazine, s'amuse d'une
anecdote scientifique prédisant que l'humanité
aura, dans l'avenir, cinq doigts plutôt que quatre!
(é8)
9.
«They [les Simpson] never think evil thoughts. »
Wes Archer, directeur de l'animation chez Klasky-Csupo, in
Simpsons Illustrated, no 1, p. 30.

Annexe A
/Corpus des épisodes analysés
Les résumés sont précédés
d'un titre provenant des phrases écrites au tableau
par Bart durant l'animation de
pré-générique.
Épisode 1/ Nobody likes sunburn
slappers. Au cours d'un barbecue, Ned Flanders annonce
qu'il lance son propre commerce, le Leftorium, une boutique
pour gauchers. Homer souhaite qu'il se "casse la gueule"
dans cette entreprise. Ainsi, chaque fois qu'il entend un
gaucher implorer le ciel pour un instrument à sa
mesure, Homer se tait... Flanders doit fermer boutique et se
retrouve à la rue: Homer a des remords et parle du
Leftorium à ses amis, qui remplissent la boutique le
lendemain, renversant la vapeur pour le pauvre Flanders.
http://www.snpp.com/episodes/7F23.html
Épisode 2/ I will not squeak
chalk. Bart offre un cadeau d'anniversaire à
Milhouse. Il apprend toutefois qu'il n'a pas
été invité à la fête
célébrée durant le week-end parce que
la mère de Milhouse juge qu'il exerce sur lui une
mauvaise influence. Bart est profondément
déprimé. Une discussion entre Marge et madame
Milhouse rétablit les relations: Bart apporte son B B
Gun pour fêter les retrouvailles.
Parallèlement: en mangeant un beignet devant sa
console de sécurité à la centrale
nucléaire, Homer couvre l'indicateur de danger et se
retrouve avec une alerte rouge sur les bras. Il se sort de
cette crise par un heureux hasard et il devient
l'employé du mois. Sa gloire tourne en queue de
poisson quand au cours d'une tournée au sein d'autres
usines, il se retrouve dans la même situation et
n'arrive pas à appuyer sur le bon bouton,
révélant ainsi que son savoir-faire est
bidon.
http://www.snpp.com/episodes/8F04.html
Épisode 3 / I will finish what I
sta--. Bart est déçu que Krusty ne lui
ait pas fait signe, après qu'il a contribué
à prouver son innocence dans une affaire sordide
(récit antérieur, mais non l'épisode
2). Krusty vient donc souper chez les Simpson pour plaire
à son fan numéro un. À la fin de la
soirée, il éclate en sanglots en
évoquant son père rabbin qui ne veut plus rien
savoir de lui. Après maintes tentatives, Bart et Lisa
arrivent à réconcilier le père et le
fils durant le show télé de ce dernier.
http://www.snpp.com/episodes/8F05.html
Épisode 4 / Underwear should be
worn on the inside. Les enfants étant trop
turbulents, Homer décide d'aller chez Moe. Il lui
montre une recette de drink qu'il a inventée par
hasard, recette que Moe s'approprie aussitôt («I
call it the Flaming Moe »). Le drink devient un
succès démesuré.
Découragé devant la cupidité de Moe,
Homer consulte un avocat qui lui affirme qu'il est
impossible d'enregistrer une recette de boisson. Homer
révèle la recette au grand jour pour se venger
et l'empire Moe s'écroule; c'est le retour à
la normale, sans rancune. [Pas de Itchy & Scratchy Show
(I&S S); Bart est peu présent.]
http://www.snpp.com/episodes/8F08.html
Épisode 5/ I will not carve
gods. Pour l'anniversaire de Bart, Homer achète
par téléphone le Superstar Celebrity
Microphone. D'abord déçu, Bart met ensuite
à profit le micro pour réaliser une suite de
coups pendables. Son chef d'oeuvre: il fait sortir sa voix
d'un puits, grâce au micro, en prétendant qu'il
est un certain Timmy O'Toole coincé au fond du puits.
C'est l'hystérie collective. Démasqué
par Lisa, Bart tente de récupérer son appareil
radio au fond du puits et s'y retrouve prisonnier. Puisqu'il
était responsable du canular, les autorités
arrêtent les efforts de secours, laissant Bart au
fond. Homer décide qu'il le sauvera lui-même;
il est alors rejoint par plusieurs braves -- dont le
chanteur pop Sting! Bart s'en sort secoué mais sain
et sauf.
http://www.snpp.com/episodes/8F11.html
Épisode 6 / High explosives and
school don't mix. La journée commence mal pour
Bart, qui rate la visite à l'usine de chocolat. En
sortant de l'école (où il était retenu
par le directeur), il aboutit devant The Legitimate
Businessman's Social Club. Les gangsters qui y
crèchent l'adoptent comme barman, se servant de lui
pour couvrir la contrebande de cigarettes. Lorsque le gang
doit comparaître en cour, il accuse Bart de tous les
délits. Bart est lavé de tout soupçon
et l'épisode se termine sur une morale ironique.
http://www.snpp.com/episodes/8F03.html
Épisode 7 / I will not barf
unless I'm sick. L'école
élémentaire de Springfield administre un test
d'orientation scolaire. Suite à une erreur
mécanique, le test révèle que Lisa sera
une femme au foyer et Bart, un officier de police. Lisa se
rebiffe, préférant se voir comme musicienne de
jazz. Bart se retrouve en auto-patrouille durant
l'arrestation d'un malfrat; il devient membre honoraire de
la police et le directeur de l'école l'utilise comme
gardien de la paix et délateur. Entre-temps, Lisa
adopte un comportement délinquant et chaparde toutes
les copies des manuels des maîtres. Bart les
découvre et décide pour couvrir sa soeur de
s'accuser lui-même. [Pas de I&S S]
http://www.snpp.com/episodes/8F15.html
Épisode 8 / I will not snap
bras. Milhouse montre à Bart son nouveau gadget,
un Magic Eightball, qui répond aux questions qu'on
lui pose. En l'interrogeant, ils découvrent qu'ils ne
seront plus amis à la fin de la journée. La
raison: Milhouse a le coup de foudre pour une nouvelle
étudiante, Samantha, qui le lui rend bien.
Délaissé, Bart décide de se venger en
vendant la mèche au père de Samantha, qui
décide de placer sa fille dans une école
privée (administrée par des religieuses
Canadiennes françaises!). Milhouse et Bart se
réconcilient et rendent visite à Samantha.
http://www.snpp.com/episodes/8F22.html
Épisode 9 / I will not spin the
turtle. Bart et Milhouse assistent au concert de Spinal
Tap (le premier concert rock de Bart). Bart veut devenir
rock star et ses parents lui achètent une guitare.
Bart tente d'en jouer mais il se montre nul; Otto lui
propose d'ajuster sa guitare et il se déchaîne
avec un solo endiablé. En retard pour l'école,
Otto conduit l'autobus scolaire à un train d'enfer.
On lui retire ensuite son permis... qu'il n'a jamais eu!
Comme il se retrouve sur le pavé, Bart lui propose
d'emménager dans le garage. Homer ne peut le
tolérer et le rejette à la rue. Enragé
et galvanisé, Otto obtient finalement son permis.
[Pas de I&S S]
http://www.snpp.com/episodes/8F21.html
Épisode 10 / My name is not "Dr
Death". Marge est de la distribution d'un remake
musical amateur de A Streetcar Named Desire. Homer l'ignore
lorsqu'elle tente de lui en parler. Elle se sert de sa
frustration pour son interprétation de Blanche
Dubois. Lors de la première, Homer se montre jaloux,
voyant sa femme jouer sur scène avec un Ned Flanders
au torse nu. Il tente de réparer les pots
cassés avec Marge. Le tout se termine sur une note
sentimentale. [Pas de I&S S]
http://www.snpp.com/episodes/8F18.html
Pour une liste complète des épisodes : http://www.snpp.com/guides/e
p.guide.html

Annexe B
/The Itchy & Scratchy Show
O Solo Meow: au menu, un spaghetti aux boulettes
explosives qui éclatent dans l'estomac de Scratchy
(é1).
My dinner with Itchy: Scratchy boit un verre dans
lequel Itchy a glissé un acide corrosif; un camion
percute le chat lorsqu'il court dehors
(é2 ).
Field of Screams: Itchy et Itchy junior (?)
conduisent une moisonneuse-batteuse sur le dos de Scratchy.
Ils se lancent ensuite sa tête au milieu des champs
(é3).
Cat Splat Fever: une histoire sordide au fond d'un
puits, dédiée au jeune Timmy O'Toole
(é5).
The Sound of Silencers: le flic Itchy mitraille une
rangée de chats gangsters dans une effusion
d'hémoglobine ().
I'm Getting Buried In The Morning: Itchy se marie
et attache la tête de Scratchy derrière la
voiture pour le voyage de noces (parallèle avec la
romance de Milhouse -- é8).
The Itchy & Scratchy Movie
(é "anti-Bart").

Bibliographie
Sur The Simpsons en particulier:
ELDER, Sean. 1989. «Is TV The Coolest
Invention Ever Invented?», Mother Jones
(décembre), pp. 28-31.
GROTH, Gary. 1991. «Matt Groening, an interview»,
The Comics Journal, no 141 (avril), pp. 78-95.
LLOYD, Robert. 1989. «Cartoon From Hell», American
Film (octobre), p. 112.
PHILIPS, Adam (dir. publ.). 1991. Simpsons Illustrated, no 1
(printemps).
SVETKEY, Benjamin. 1990. «But Is It Bart?»,
Entertainment Weekly (27 juillet), pp.42-43.
WATERS, Harry F. 1990. «Family Feuds», Newsweek
(23 avril), pp. 58-62.
ZEHME, Bill. 1990. «The Only Real People On T.V.»,
Rolling Stone (28 juin), pp. 40-47.
Sur le dessin animé et l'existence en
général:
ADAMSON, Joe. 1975. Tex Avery: King Of
Cartoons. New York: Popular Library.
ADAMSON, Joe. 1990. Bugs Bunny: fifty years and only one
grey hare. New York: Henry Holt.
BRION, Patrick. 1984. Tex Avery. Paris: Chêne.
DAVIS,
Erik. 1992. «Toon In, Turn On, Drop Out», Village
Voice (17 novembre), pp. 55-59.
GORE, Christian. 1992. «Celling Out», Film Threat,
no 7 (décembre), pp. 22-39.
GUÉRIN, Daniel. 1965. L'anarchisme. Paris:
Gallimard.
HALAS, John et RIDER, David. 1976. La grande parade du
dessin animé. Paris: Delville.
HENDRA, Tony. 1987. Going Too Far. New York: Doubleday.
JONES, Chuck. 1989. Chuck Amuck; The Life and Times of an
Animated Cartoonist. New York: Farrar Straus Giroux.
MALTIN, Leonard. 1980. Of Mice And Magic; A History of
American Animated Cartoons. New York: Plume.
SCHNEIDER, Steve. 1988. That's All Folks! The Art of Warner
Bros. Animation. New York: Henry Holt.
THOMAS, Frank et JOHNSTON, Ollie. 1981. Disney Animation;
The Illusion of Life. New York: Abbeville.
WOOLERY, George W. 1983. Animated Cartoon Series. Metuchen
(N. J.): Scarecrow.

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